Ce discours féministe ne sonne cependant pas opportuniste dans une maison historiquement matriarcale, fondée par les cinq soeurs Fendi. "Chez moi, il n'y a jamais eu de différence entre les hommes et les femmes, c'est donc très naturel pour moi d'apporter mon soutien à ces luttes qui réémergent", a rappelé la styliste. Le logo Fendi ne manque pas à l'appel, sur les sacs, les vestes et associés à un nouveau motif, le losange art déco. On le retrouve aussi dans sa version pop, croisé avec celui d'une autre marque, Fila, une proposition de l'artiste Hey Riley que la griffe a décidé de se réapproprier avec humour. A la fin du défilé, Karl Lagerfeld et Silvia Venturini Fendi ont pu saluer dans les coulisses le nouveau patron de la maison romaine, Serge Brunschwig, transfuge de Dior Homme nommé deux jours plus tôt.
Fendi ah 2018-19, à Milan, en février 2018
© Miguel MEDINA / AFPAssumer le pouvoir
Chez Prada, le défilé était aussi l'occasion de présenter le bâtiment de la fondation éponyme de la maison conçu par le studio OMA de l'architecte star néerlandais Rem Koolhaas. Il fallait cependant gravir à pied les étages de cette tour blanche asymétrique pour découvrir une salle transversale bordée de baies vitrées surplombant les lumières de la capitale lombarde. Miuccia Prada a proposé une collection où le Nylon est roi, un retour du tissu qui a rendu la marque célèbre à travers le monde, déjà amorcé lors des collections hommes de janvier. Du synthétique qui s'adapte aux robes, aux manteaux larges ou aux vestes sans manches. Des tissus et des détails techniques aussi, empruntés à l'univers du streetwear, du voyage, comme ces étiquettes de bagages en guise de broches. Quasiment pas de pantalons mais des robes à profusion, tailleur sport, en tweed ou peau retournée, bustier.
Prada automne-hiver 2018-19, à Milan, en février 2018
© Swan Gallet/WWD/Shutter/SIPA
Prada automne-hiver 2018-19, à Milan, février 2018




