Agressions sexuelles : des consignes avant la Fashion Week new-yorkaise

Mis à jour le 03/02/2018 à 10H01, publié le 03/02/2018 à 09H57
Un mannequin dans les backstages à New York, septembre 2017

Un mannequin dans les backstages à New York, septembre 2017

© TIMOTHY A. CLARY / AFP

Le syndicat américain de la mode a diffusé le 2 févier, à quelques jours de la Fashion Week new-yorkaise masculine, de nouvelles recommandations aux professionnels du secteur pour lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles dont ont été accusés plusieurs photographes de mode.

Selon ces recommandations, envoyées aux professionnels par la présidente du syndicat CFDA, Diane Von Furstenberg, les designers, photographes et producteurs de défilés devront essayer d'organiser leurs défilés dans des espaces "permettant aux mannequins de se changer à l'abri des regards".

Ces recommandations appellent toute personne qui "se sentirait d'une façon ou d'une autre menacée ou en danger" de le signaler, en rappelant les coordonnées de l'unité spécialisée de la police new-yorkaise comme de plusieurs organisations, dont l'association de défense des mannequins The Model Alliance, qui a fait de la lutte contre les agressions sexuelles une priorité.

"Le climat actuel est marqué par des femmes et des hommes courageux et leurs révélations sur une culture inacceptable dans la politique, le sport, le spectacle et la mode", souligne Diane Von Furstenberg dans son message accompagnant ces recommandations. "Nous avons une tolérance zéro pour des environnements dangereux et encourageons fortement tout le monde dans notre secteur à signaler tout abus dans le cadre de son travail", a-t-elle souligné.

Trois photographes interdits de collaboration avec Condé Nast 

Ces recommandations, alors que la Fashion Week masculine s'ouvre du 5 au 8 février 2018, répondent aux accusations d'agressions sexuelles qui, dans la tempête du mouvement #MeToo, ont frappé des vedettes du milieu de la mode dont les photographes Terry Richardson, Bruce Weber et Mario Testino.

Tous trois sont désormais interdits de collaboration avec le groupe d'édition Condé Nast, propriétaire des magazines Vogue et Vanity Fair. Condé Nast USA avait déjà dévoilé mi-janvier un "code de bonne conduite" qui fait voeu d'éliminer les situations à risques des séances de photo indispensables à la promotion du prêt-à-porter : toute nudité ou pose sexuellement suggestive doit désormais faire l'objet d'un accord préalable des mannequins, qui ne doivent plus être laissé(e)s seul(e)s avec un photographe ou un maquilleur. Et alcool et drogue sont bannis des studios. Le groupe a étendu cette politique cette semaine à l'ensemble de ses publications à travers le monde.