Retour en force de la haute couture à Paris avec les collections printemps-été 2018

Corinne Jeammet
Par @CocoJeammet
Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 04/02/2018 à 14H10, publié le 21/01/2018 à 08H08
Galia Lahav printemps-été 2017, à Paris 

Galia Lahav printemps-été 2017, à Paris 

© Patrick KOVARIK / AFP

Haute couture : ce label prestigieux couronne des savoir-faire traditionnels, le travail à la main et le sur-mesure. Ce rendez-vous parisien, de plus en plus international, s'étoffe au fil des ans. 33 créateurs présentent leur collection printemps-été 2018 du 22 au 25 janvier 2018. Moment très attendu le retour sur les podiums de Christophe Josse qui a présenté des défilés jusqu'en 2013.

Après avoir perdue des grands noms, la semaine de la haute couture désormais étoffe ses rangs. 10 nationalités sont représentées au calendrier officiel (France, Belgique, Italie, Etats-Unis, Liban, Japon, Russie, Israel, Pays-Bas, Chine). Ce cercle très fermé compte 14 membres labellisés mais tous ne présentent pas leur collection. Ce label couronne des savoir-faire traditionnels, le travail à la main et le sur-mesure. Les 14 maisons présentes sont : Schiaparelli, Christian DiorGiambattista Valli, Chanel, Alexis Mabille, Stéphane Rolland, Julien Fournié, Alexandre Vauthier, Givenchy, Maison Margiela, Franck Sorbier et Jean Paul Gaultier.

A leurs côtés défilent des griffes étrangères (les Italiens Giorgio Armani Privé, Valentino, Versace, le Libanais Elie Saab et le duo Viktor & Rolf). Le programme des défilés s'ouvre régulièrement à des membres invités, qui ne remplissent pas nécessairement ces critères. Ils sont 17 à présenter leur collection : A.F. Vandevorst, Antonio Grimaldi, Azzaro Couture, Galia Lahav, Georges Hobeika, Guo Pei, Hyun Mi Nielsen, Iris Van Herpen, Maison Rabih Kayrouz, Proenza Schouler, Ralph&Russo, Rodarte, RVDK/Ronald Van Der Kemp, Ulyana Sergeenko, Xuan, Yuima Nakazato et Zuhair Murad). A cette liste s'ajoute cette saison la maison Christophe Josse. Annoncé le couturier marocain Noureddine Amir (qui a exposé en 2016 à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent à Paris) ne défilera pas en janvier mais en juillet prochain. Ses créations, sculptures contemporaines, sont façonnées à partir de mélanges de textures, d'étoffes et de fils. 

De nombreuses autres maisons (On Aura Tout Vu, Tony Ward, Yanina couture, Yumi Katsura, Laskaris, Didit Hediprasetyo, Zida Nakad...) profitent de la visibilité de cette semaine pour présenter également leur travail, en marge du calendrier de la Fédération de la haute couture et de la mode. 

Christophe Josse, le chantre de l’élégance poétique, de retour

Après des études d’histoire de l’art, Christophe Josse rejoint le studio de la maison de couture Torrente, qu’il quitte après une collaboration de près de quinze années. En juillet 2005, il présente sa première collection couture éponyme et crée l’année suivante sa propre maison.
Le créateur Christophe Josse, décembre 2017 à Paris

Le créateur Christophe Josse, décembre 2017 à Paris

© Corinne Jeammet
Christophe Josse devient membre permanent de la chambre syndicale de la haute couture en 2011 et enrichit alors son univers d’une ligne de prêt-à-porter.
Christophe Josse haute couture printemps-été 2013, à Paris

"Je suis couturier", l'exposition hommage à Azzedine Alaïa

La semaine de la haute couture coïncide avec le début d'une exposition consacrée à Azzedine Alaïa, couturier décédé en novembre 2017 à 82 ans, qui se tient jusqu'au 10 juin dans sa galerie parisienne. "Je ne suis pas un designer, ni un styliste, je suis un couturier" aimait-t-il répéter. L’exposition Azzedine Alaïa "Je suis couturier" rassemble une quarantaine d'oeuvres choisies par Olivier Saillard, qui, en 2013, a conçu et organisé la première rétrospective Azzedine Alaïa au Palais Galliera dont il était le directeur : "De toute les oeuvres de couturier celle de Azzedine Alaia est à mes yeux la plus intacte, la plus intouchée. Parce que nés de ses mains, les robes ou les manteaux continuent de garder des années plus tard le charme vrai de l’éclosion. Face à eux, on ne devient plus conservateur mais on se veut protecteur…". L’exposition se tient rue de la Verrerie où le couturier vivait et travaillait. C’est aussi dans ce lieu qu’il avait prévu de créer sa Fondation, afin que son travail ainsi que les oeuvres de ceux qu’il admirait et qu’il avait collectionnés tout au long de sa vie, soient archivés et mis à disposition pour des projets de recherche et des expositions. 

Le couturier Azzedine Alaïa en 1990

Le couturier Azzedine Alaïa en 1990

© Lord Snowdon

La haute joaillerie dévoile ses trésors au public

Le dernier jour de la semaine de la haute couture (le jeudi) était habituellement réservé aux présentations des maisons de haute joaillerie - Boucheron, Chanel joaillerie, Chaumet, Chopard, Dior joaillerie. Désormais ces 5 maisons montrent leurs savoir-faire pendant toute la semaine consacrée à la haute couture, une présentation destinée aux seuls professionnels.

  • Mais les passionné(e)s de joaillerie pourront se faire plaisir avec l'exposition Vendôrama, lancée avant la haute couture, qui se tient à la Monnaie de Paris jusqu'au 28 janvier. La maison Boucheron célèbre son 160e anniversaire en offrant bien plus qu’une rétrospective. Cette rencontre avec la haute joaillerie est ponctuée de vidéos, de mini-saynètes interprétées par des acteurs et de dispositifs digitaux. Une expérience ludique pour découvrir un univers habituellement très secret. 
Exposition Vendôrama

Exposition Vendôrama

© Boucheron
  • A noter aussi à partir du 22 janvier que la boutique Van Cleef & Arpels (20, place Vendôme) inaugure une exposition consacrée aux accessoires féminins. Dans le Salon Patrimoine, les pièces de joaillerie cèdent la place à une cinquantaine d’objets créés entre les années 1920 et le début des années 1970. Vanity-cases, minaudières, peignes, briquets, sacs du soir, poudriers, porte-cigarettes donnent à voir une autre facette de la création joaillière.
Van Cleef & Arpels : boîte a cigarette Vagues de 1962

Van Cleef & Arpels : boîte a cigarette Vagues de 1962

© Courtesy of Van Cleef & Arpels
  • Enfin, le projet "La Chine du Geste Exquis" permet de découvrir le handmade in China. Alors que traçabilité et authenticité sont au cœur des préoccupations du secteur du luxe, le luxe chinois qui redore son blason se construit non plus sur l’étiquette Made in China mais handmade in China. Pour sa première édition, la maison de haute joaillerie Lai Wei présente un mélange de bijoux anciens d’inspiration des dynasties Ming et Qing et contemporains dont la particularité est le jade précieux vert et blanc allié au travail de la plume de Martin-Pêcheur (24 janvier. La Pagoda. 48, rue de Courcelles. 75008)
Bijoux Lai Wei présenté dans le cadre du projet "la Chine du geste exquis"

Bijoux Lai Wei présenté dans le cadre du projet "la Chine du geste exquis"

© Courtesy of La Chine du geste exquis"
  • Enfin, l'Ecole des Arts Joailliers présente "Le fabuleux destin des diamants de Tavernier. Du Grand Moghol au Roi-Soleil". C’est l’histoire des diamants acquis par Louis XIV auprès du négociant et voyageur Jean-Baptiste Tavernier (1605-1689) en 1668 que conte cette exposition organisée par L’École des Arts Joailliers, avec le soutien de Van Cleef & Arpels (31, rue Danielle Casanova du 23 au 31 janvier). L'occasion de découvrir une reconstitution de 20 diamants exceptionnels.
Affiche de l'exposition "Le fabuleux destin des diamants de Tavernier. Du Grand Moghol au Roi-Soleil".

Affiche de l'exposition "Le fabuleux destin des diamants de Tavernier. Du Grand Moghol au Roi-Soleil".

© L'Ecole des arts joailliers