Haute couture : hommage de Jean Paul Gaultier à Pierre Cardin avec un show d'inspiration sixties

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/01/2018 à 08H17, publié le 25/01/2018 à 08H04
Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018, à Paris, en janvier 2018

Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018, à Paris, en janvier 2018

© BERTRAND GUAY / AFP

Du noir et du blanc, des motifs cinétiques : Jean Paul Gaultier a rendu hommage à Pierre Cardin avec un défilé haute couture d'inspiration sixties salué par le doyen des couturiers. C'est chez ce dernier que Jean Paul Gaultier a commencé alors qu'il n'avait que 18 ans et n'avait pas fait d'école de mode.

"Vous êtes mon successeur", a déclaré Pierre Cardin, 95 ans, en venant féliciter Jean Paul Gaultier en coulisses. "Moi c'est yesterday, vous c'est tomorrow", a lancé le couturier, icône du style futuriste et homme d'affaires touche-à-tout, en louant "le talent" et "la personnalité" de son ancien assistant.
Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018, à Paris, janvier 2018 © CHRISTOPHE PETIT TESSON
C'est chez Pierre Cardin que Jean Paul Gaultier a fait ses premiers pas, alors qu'il n'avait que 18 ans et n'avait pas fait d'école de mode. "Il a dû aimer les couleurs de mes dessins, qui n'étaient quand même pas terribles !", a plaisanté le créateur de 65 ans, qui a dédié son défilé printemps-été 2018 à un "homme de liberté". "On est à un moment où il y a énormément de marketing dans la mode, c'est vraiment la chose qui prime. Cela m'a fait penser à l'époque où j'ai commencé, il y avait cette espèce de liberté de création, une époque joyeuse aussi, où il y avait de la créativité, notamment chez M. Cardin", a-t-il indiqué.
Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018

Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018

© BERTRAND GUAY / AFP

Art optique, noir et blanc

Les mannequins sortent d'une porte ronde, autour de laquelle sont projetées des images de cercles en mouvement, hypnotisants. "Il y a les playboys de profession, habillés par Cardin et chaussés par Carvil", chante Jacques Dutronc dans la bande son qui accompagne le show. Dans cette ambiance années 60, la collection, essentiellement en noir et blanc, joue le mouvement et s'inspire de l'art optique : avec des robes, des coiffures et des boucles d'oreilles en forme de spirale, des imprimés de cercles, de vagues, de bandes, de globes.
Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018 à Paris.

Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018 à Paris.

© CHRISTOPHE PETIT TESSON
Les franges des vêtements bougent au gré du mouvement des mannequins. Les ceintures, hautes, soulignent la taille. La collection est plus épurée que d'habitude : "j'ai essayé d'enlever les choses en trop, quelquefois j'ai tendance à m'éparpiller, à trop parler", a expliqué Jean Paul Gaultier. "Une fois, Pierre Cardin avait vu un de mes croquis et m'avait dit : enlevez cela, il y a trop d'idées, travaillez plus pur", rappelle-t-il.
Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018, à Paris, en janvier 2018.

Jean Paul Gaultier haute couture printemps-été 2018, à Paris, en janvier 2018.

© BERTRAND GUAY / AFP
Dans le défilé, la présence de mannequins asiatiques vient rappeler que Pierre Cardin est, avant bien d'autres, parti à la conquête du monde, en s'implantant au Japon, en Chine, au Vietnam... "Il a été le premier en tout", souligne Jean Paul Gaultier, rappelant aussi le rôle de mécène de Pierre Cardin. Le couturier et homme d'affaires, qui a bâti son empire sur le système des licences, n'a jamais pris sa retraite et organise encore des défilés fleuves. En novembre 2016, il avait organisé un show à l'Académie des Beaux-Arts, pour marquer ses 70 ans de carrière.