Pourquoi Suprême, marque de culture urbaine, affole les enchères à Paris ?

Publié le 17/05/2018 à 10H25
T-shirt Supreme "Box Logo" aux enchères chez Artcurial, mai 2018 à Paris 

T-shirt Supreme "Box Logo" aux enchères chez Artcurial, mai 2018 à Paris 

© Vente CREAM bu Artcurial

Plongeant au coeur de 30 ans de culture urbaine new yorkaise, de l’Urban Art au Streetwear, la vente aux enchères Artcurial, qui s’est tenue à Paris le 16 mai, a confirmé l’engouement pour ce courant. En tête des ventes, le label de streetwear new-yorkais Supreme, marque emblématique de ce mouvement dont les lots ont atteint plus de 850.000 euros, près du double de leur estimation.

Intitulée C.R.E.A.M. ("Cash Rules Everything Around Me", titre d'une chanson du groupe de hip hop new-yorkais Wu-Tang Clan), cette vente consacrée à la culture urbaine proposait des objets siglés du prisé label de streetwear new-yorkais Supreme, marque emblématique de ce mouvement. La griffe, fondée en 1994 à New York par James Jebbia et dédiée à la culture skate, a construit son succès sur la rareté, avec des produits en éditions limitées dont les prix s'envolent sur les sites de revente.
Vente CREAM by Artcurial mai 2018, à Paris 

Vente CREAM by Artcurial mai 2018, à Paris 

© Vente CREAM bu Artcurial

Car la vente présentait pour la première fois l’ADN de la scène urbaine 

Pour la première fois, une vente aux enchères présente l’ADN de cette scène urbaine. La vente Artcurial allant de l’Urban Art au Streetwear en se focalisant sur les trois dernières décennies de culture urbaine aux Etats-Unis :New York et Los Angeles). "Les prix obtenus à la fois pour des objets siglés Supreme mais aussi pour les oeuvres d’artistes de la même génération qui ont accompagné ce mouvement mondial sans précédent, confirment l’intérêt international pour la culture urbaine" a indiqué Fabien Naudan, Vice-Président, Artcurial.

Car Supreme est une marque street qui se là joue luxe !

C’est Supreme, avec l’emblématique collaboration Louis Vuitton qui obtient le plus haut prix de la vacation. La rarissime malle Courrier 90 Trunk et la boite Skateboard Trunk atteignent respectivement 88 400 € et 62 400 €. Les enchères se sont affolées pour tous les objets du quotidien qui sont devenus aujourd’hui des objets de collection comme les emblématiques T-shirts blancs marqués du célèbre logo rouge et ceux des collaborations les plus pointues : le T-shirt Supreme x Nate Lowman atteint 9 800 € et celui célébrant l’ouverture de la boutique Supreme de Paris s’est envolé à 5 700 €.
Malle Courrier Louis Vuitton x Supreme vendue aux enchères Artcurial, mai 2018 : adjugé 88 400 euros

Malle Courrier Louis Vuitton x Supreme vendue aux enchères Artcurial, mai 2018 : adjugé 88 400 euros

© DR

Car Supreme a su séduire les artistes

En 1994, à New York, alors que la ville s’impose comme l’épicentre culturel du monde contemporain, s’ouvre une petite boutique dédiée à la culture skate, Supreme. Saison après saison, James Jebbia impose cette culture d’origine urbaine (ou street) dans les cercles plus élevés ou se croisent, artistes et collectionneurs. La marque au Box Logo séduira les plus grands artistes - Jeff Koons, Damien Hirst, Richard Prince, Christopher Wool ou Takashi Murakami - qui viendront, par leur collaboration, appuyer la réussite du label. Puis James Jebbia fait des planches de skateboard les nouveaux supports pour les maitres de l’art contemporain. Viendront ensuite les Art Toys, qui voleront le statut d’oeuvre d’art aux traditionnelles huiles sur toile, puis les chaussures avec l’émergence d’une culture sneakers et de ses séries limitées, (dont les lancements constituent les secrets les mieux gardés de New York, Tokyo, Los Angeles ou Londres).

A Paris, en 2001, Marc Jacobs alors à la tête de Louis Vuitton, choisit le street artist Stephen Sprouse pour venir oxygéner sa fameuse toile Monogram.
Louis Vuitton | Fall Winter 2017/2018 Full Fashion Show | Menswear

Car la culture urbaine est un facteur artistique et sociétal

"Globale, la culture urbaine qui s’est développée aux Etats-Unis, s’étend de l’art à la musique, en passant par la mode, le skate et de nombreux objets du quotidien devenus de véritables totems. En l’espace de 30 ans, les icônes de ce nouvel univers créatif ont envahi notre société, devenant des objets de collection" a expliqué Fabien Naudan, vice-président XXe siècle, Artcurial.
 
Pendant les années 2000, la culture urbaine commence à s’affirmer. Peu à peu l’expérimentation laisse place à une forme plus officielle qui s’affiche dans les galeries et les concepts stores branchés comme colette à Paris. Les créatifs des débuts deviennent des prescripteurs. En trois décennies, ce qui était un mouvement contestataire minoritaire devient un mode d’expression artistique, puis une culture dominante qui irrigue tous les domaines créatifs.