Les Ateliers de Paris, un tremplin pour les jeunes créateurs

Par @CocoJeammet Journaliste, responsable de la rubrique Mode de Culturebox
Mis à jour le 10/11/2017 à 11H09, publié le 10/11/2017 à 10H40
Dans l'atelier d'Aline Houdé-Diebolt, designer papier et set designer aux Ateliers de Paris, novembre 2017

Dans l'atelier d'Aline Houdé-Diebolt, designer papier et set designer aux Ateliers de Paris, novembre 2017

© Corinne Jeammet

Structure valorisant les métiers de la création et de l’artisanat, Les Ateliers de Paris soutiennent les porteurs de projets dans les secteurs de la mode, du design et des métiers d’art. Rencontre avec Françoise Seince, la directrice de cette structure d'accueil qui met en relation des jeunes créateurs avec des professionnels.

Depuis 2006, 200 créateurs ont été hébergés dans les incubateurs des Ateliers de Paris. Ce sont des lieux d’échanges et de collaborations entre résidents, professionnels, partenaires français et étrangers.

Quel est le processus de sélection ?

Françoise Seince : A chaque vacance de locaux, un appel à candidature est lancé auprès de nos partenaires. Les dossiers les plus pertinents sont retenus au regard de la richesse créative, de la maîtrise technique et du potentiel de développement économique. Les créateurs présentent leur projet de création d’activité devant un jury. Ce dernier veille à établir un équilibre entre les métiers d’art, de la mode et du design. C’est une mixité enrichissante pour eux.
Françoise Seince, directrice des Ateliers de Paris, novembre 2017

Françoise Seince, directrice des Ateliers de Paris, novembre 2017

© Corinne Jeammet

Combien de résidents accueillent les 3 lieux dédiés ? 

Depuis 2006, Les Ateliers de Paris ont accueilli 200 créateurs sur trois sites. Nous avons actuellement 40 résidents. 13 sont sur le site Les Ateliers de Paris (30, rue du Faubourg Saint Antoine. 75012 Paris). C’est l’incubateur le plus ancien. 22 sont aux Ateliers Paris Design (28, rue Faidherbe. 75001 Paris). C’est l’incubateur plus open-space. 5 sont à La Pépinière du Viaduc des Arts (23, avenue Daumesnil. 75012 Paris). Soutenue au moment de sa création par la Fondation Bettencourt Schueller, cette pépinière est dédiée aux entreprises des métiers d’art ayant entre 2 et 5 ans d’existence.
Charlotte Kaufmann, créatrice textile aux Ateliers de Paris, novembre 2017

Charlotte Kaufmann, créatrice textile aux Ateliers de Paris, novembre 2017

© Corinne Jeammet
Françoise Seince : Dans les incubateurs, nous accueillons des créateurs ayant un projet pas totalement formalisé. Les nouveaux arrivants y restent en moyenne 2 ans. Les anciens font le lien entre les promotions créant ainsi un réseau de professionnels proches les uns des autres.

Quelles formations sont proposées aux résidents ?

Françoise Seince : A l’arrivée d’un nouveau résident, un diagnostic est réalisé pour voir ses forces et ses faiblesses afin de diagnostiquer ses besoins. Il bénéficie d’un accompagnement personnalisé afin de préparer sa création d’entreprise ou le développement de son activité : constitution d’un réseau, formations, conseils stratégiques, communication, recherche de locaux et de financements. Un consultant lui est dédié car il est toujours difficile pour un créateur d’avoir un regard critique sur son propre travail. Certains sont ultra consommateurs de conseils, d’autres le sont moins.
Marthe 'Oh, Illustratrice, design textile aux Ateliers de Paris, novembre 2017

Marthe 'Oh, Illustratrice, design textile aux Ateliers de Paris, novembre 2017

© Corinne Jeammet
Nous avons un package de formations, dont trois sont obligatoires. A ce socle commun de compétences s’ajoutent d’autres formations qui se déroulent toute l’année, sur une ou plusieurs journées. Ainsi les questions relatives à l’entrepreneuriat, en amont et en aval de la création d’entreprise, sont abordées, afin d’adapter leur création au monde du marché. Chaque année, plus de 50 formations ouvertes au public (des non résidents peuvent donc en bénéficier) sont dispensées et 450 porteurs de projets sont ainsi accompagnés." 

Quels sont les moyens de les faire connaitre ?

Les Grands Prix de la Création de la Ville de Paris distinguent des créateurs débutants et confirmés, résidents ou non : 6 lauréats sont primés sur 250 candidatures et leurs travaux bénéficient d’une exposition dans la galerie des Ateliers de Paris. Chaque année, 7 expositions y sont organisées ; elles présentent les œuvres de 90 créateurs.

Françoise Seince : Ce sont des lieux de promotion et d’accompagnement des créateurs que nous suivons mais pas seulement ! Ces manifestations permettent de promouvoir nos résidents mais nous aimons aussi en inviter d’autres. Nous travaillons toujours dans le sens du collectif, sauf dans le cas de pop-up store dédié.

L'exposition Materio Talk : un dialogue entre 8 créateurs de bijoux

Les Ateliers de Paris présentent jusqu'au 9 décembre 2017 l’exposition Materio Talk (30, rue du Faubourg Saint-Antoine. 75012 Paris) dans le cadre du Parcours Bijoux 2017
Exposition Materio Talk : Marie Masson, Cocarde 

Exposition Materio Talk : Marie Masson, Cocarde 

© Marie Masson
Organisée par l’artiste du bijou Sébastien Carré, cette exposition se concentre sur l’utilisation d’un élément spécifique comme forme de langage et met en avant les connexions possibles avec d’autres artistes qui utilisent les mêmes matériaux.
Exposition Materio Talk : Peter Hoogeboom, IntoOne 

Exposition Materio Talk : Peter Hoogeboom, IntoOne 

© Peter Hoogeboom
C’est un dialogue entre 4 artistes contemporains français émergents et 4 grands noms internationaux du bijou d’art contemporain : Marion FillancqMarie MassonYiumsiri VantanapinduSébastien CarréAkis Goumas (Gr), Märta Mattsson (Su), Peter Hoogeboom (Nl) et Tanel Veenre (Ee).

Ces créateurs de bijoux ont travaillé en duo en utilisant les matériaux des autres. C’est un esprit très transversal, très collaboratif qui remet en question leur propre processus de travail et vise à abolir les frontières sous le couvert de la création. 
Exposition Materio-Talk aux Ateliers de paris, novembre 2017

Exposition Materio-Talk aux Ateliers de paris, novembre 2017

© Frédéric Pellerin