Les organisateurs de Roland-Garros souhaitent instaurer un code vestimentaire

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/08/2018 à 16H48, publié le 28/08/2018 à 16H35
Serena Williams à l'US Open, le 28 août 2018

Serena Williams à l'US Open, le 28 août 2018

© EDUARDO MUNOZ ALVAREZ / AFP

Un code vestimentaire mais "plus souple qu'à Wimbledon". Après la polémique sur la combinaison de Serena Williams, les dirigeants de Roland-Garros veulent doter le tournoi d'un cadre réglementaire pour les tenues des joueurs et joueuses. Cette décision doit être prise par la comité exécutif de la FFT. Forget souhaiterait qu'il entre en vigueur pour "la livraison complète du nouveau stade en 2021".

Selon le directeur Guy Forget, pas question de verser dans le blanc immaculé comme à Londres où le dress code "s'est durci au fil du temps". L'idée est plutôt d'interdire les habits dits "plus fantaisistes" au nom de l'élégance, a-t-il affirmé dans un entretien au journal L'Equipe ce 28 août. Exemples : "le fluo d'(Andre) Agassi" (1990), "le T-shirt jaune de (Gustavo) Kuerten (en 1997)", "le short (à carreaux) de Stan Wawrinka (en 2015)" et la combinaison noire et moulante avec une ceinture rose, de Serena Williams (2018).
Le short (à carreaux) de Stan Wawrinka en 2015

Le short (à carreaux) de Stan Wawrinka en 2015

© JAVIER GARCIA / BACKPAGE IMAGES Ltd / DPPI
Au printemps 2018, pour son retour en Grand Chelem post-maternité, la championne avait fait le buzz en enfilant un habit inspiré du film de super-héros "Black Panther". C'était à la fois pour son design mais aussi pour des raisons médicales. La tenue en question favorisait "une meilleure circulation sanguine" selon l'ancienne N.1 mondiale qui avait connu des complications à la naissance de sa fille, notamment la formation de caillots sanguins.


"Cette tenue ne sera plus acceptée. Il faut respecter le jeu et l'endroit", a prévenu le président de la Fédération Française de Tennis Bernard Giudicelli dans les colonnes de Tennis Magazine estimant "qu'on est parfois allé trop loin". Aux Etats-Unis, ses propos ont fait grand bruit, certains sur les réseaux sociaux l'accusant de racisme à l'égard de Williams et appelant au boycott de la prochaine édition de Roland-Garros.

Concilier élégance et créativité

L'Américaine a prôné l'apaisement, soulignant que les "tournois du Grand Chelem ont le droit de faire ce qu'ils veulent", lors d'une conférence avant le début de l'US Open. Guy Forget a salué la réaction de Serena Williams tout en expliquant la nécessité pour le "Major" parisien de revoir le règlement. Interrogé sur sa volonté de créer un code vestimentaire pour les Internationaux de France, il a répondu: "C'est la piste qu'on explore." "Le règlement actuel laisse la place à toutes les fantaisies. (...) Concrètement, il n'y a aucun cadre. Beaucoup de passionnés du jeu estiment que certains joueurs vont trop loin. Pourquoi ne pas concilier l'élégance sans pour autant brimer la créativité des designers ? C'est le chemin sur lequel je me suis engagé", a expliqué Forget. "A Roland, la tenue des joueurs participerait de la cohérence globale" mise en place autour du nouveau stade. "Je crois qu'on peut concilier élégance, modernité et aspect pratique", a ajouté le capitaine de l'équipe de France de Coupe Davis.

Rafael Nadal, qui détient le record de trophées à Paris, a pris la défense des organisateurs. "Pourquoi, si Wimbledon a ses propres règles, Roland-Garros ne pourrait pas en avoir ?", a-t-il insisté.

Faut-il alors souhaiter un retour aux années 20 quand le champion de tennis René Lacoste avait fait confectionner, pour son usage personnel, ses polos pour supporter la chaleur des courts américains ? C’était la première fois qu’un joueur abandonnait la chemise de ville à manche longue au profit d’un vêtement à manche courte, souple et confortable. La marque fête cette année ses 85 ans.
Lacoste Tennis - René Lacoste: Les Mousquetaires