Ivanka Trump annonce l'arrêt de sa marque de mode

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 25/07/2018 à 10H31, publié le 25/07/2018 à 09H50
Ivanka Trump, novembre 2017

Ivanka Trump, novembre 2017

© Manish Swarup/AP/SIPA

Ivanka Trump a annoncé mardi qu'elle allait mettre fin aux activités de sa marque de vêtements, chaussures et accessoires. Elle en avait limité le développement pour éviter des conflits d'intérêt avec sa fonction de conseillère à la Maison Blanche.

Après avoir connu une hausse de ses ventes en 2016 à la faveur de la campagne présidentielle, la marque avait subi le contrecoup de l'élection de Donald Trump, plusieurs chaînes de magasins décidant de la déréférencer. "Après 17 mois à Washington, je ne sais pas si je reprendrai un jour cette activité, mais je sais que jusqu'à nouvel ordre, mon attention se porte sur ce que je fais ici", a expliqué Ivanka Trump. "Cette décision est la seule voie juste pour mon équipe et mes associés", a-t-elle ajouté. Les 18 employés vont être licenciés.

Lancée en 2014, la marque bénéficiait d'un partenariat avec le groupe G-III Apparel Group, qui fabriquait et distribuait vêtements et accessoires. Positionnée sur le segment de moyenne gamme, à des prix abordables, elle avait réalisé un C.A. de 47,3 millions de dollars lors de l'exercice 2016/17, en hausse de 61%, selon des chiffres publiés par G-III.
Collection de bijoux Ivanka Trump, 2017

Collection de bijoux Ivanka Trump, 2017

© Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Création d'un trust pour minimiser les conflits d'intérêt

Après l'élection de son père et sa nomination comme conseillère à la Maison Blanche, elle avait conservé sa participation majoritaire dans la marque mais l'avait versée dans un trust afin de minimiser les risques de conflits d'intérêt. Une source proche de la marque a rappelé qu'après la création du trust, la société avait travaillé avec un spécialiste pour s'assurer qu'elle respectait les recommandations du Bureau pour l'éthique gouvernementale et avait "pris des mesures qui allaient au-delà des dispositions légales".

Des élus du Congrès se sont inquiétés des risques de conflits d'intérêt que posait la participation d'Ivanka Trump dans sa société. Après avoir été alertée par la Commission des Lois de la Chambre des représentants, la marque avait renoncé, en 2017, à un partenariat avec le groupe textile japonais Sanei, dont l'un des actionnaires était, indirectement, l'Etat japonais. En mai 2018, l'association américaine anti-corruption Citizens for Responsability and Ethics in Washington avait relevé que la société Ivanka Trump s'était vu accorder l'enregistrement de marque par la Chine quelques jours avant que Donald Trump ne lâche du lest sur le dossier de l'équipementier télécoms chinois ZTE.

Une image abîmée, un développement difficile

Les activités de la marque à l'étranger étaient souvent soupçonnées de bénéficier de l'influence du clan Trump. En mai 2017, trois militants chinois avaient été interpellés en Chine alors qu'ils enquêtaient dans des usines produisant des chaussures pour la ligne Ivanka Trump. Ils avaient été relâchés en juin 2017. Après avoir un temps incarné la voix de la raison dans le clan Trump, Ivana Trump a vu son image se détériorer, critiquée pour son inaction et son manque d'impact sur l'administration Trump.
Ivanka Trump défilé 2012
Depuis l'investiture de Donald Trump, plusieurs chaînes de magasins, notamment Nordstrom et Neiman Marcus aux Etats-Unis et Hudson Bay au Canada, avaient choisi de ne plus vendre d'articles portant le nom de la fille du président des Etats-Unis.

La décision d'arrêter ses activités "n'a rien à voir avec les performances de la marque et est uniquement liée à la décision d'Ivanka de rester à Washington jusqu'à nouvel ordre", a indiqué une source proche de la marque mais "la structure de la marque était construite sur un modèle de croissance". "Les perceptions de la marque sont désormais très polarisées et elle est devenue un paratonnerre pour la contestation et le boycott", a estimé Neil Saunders, directeur du cabinet GlobalData Retail. "Même si la société est toujours viable", a-t-il ajouté, "la poursuite de ses affaires est devenue beaucoup plus compliquée et ces problèmes ne seraient allés que croissant".