Ai WeiWei expose en toute liberté à Londres

LondonBox a été cette semaine découvrir pour vous, l'exposition de l'un des plus grands artistes d'art Contemporain : Ai WeiWei à la Royal Academy of Art de Londres.

A tous ceux qui doutaient de la pertinence du travail d'Ai WeiWei, l'exposition de ses œuvres à la Royal Academy of Art de Londres répond de manière éclatante.
C’est la première fois depuis 2011 que l'artiste peut visiter l'une de ses propres expositions. Son passeport avait été confisqué par les autorités chinoises. Ce sculpteur travaille beaucoup avec des matériaux recyclés, comme ces morceaux d’arbre mort assemblés pour composer les huit majestueux arbres qui accueillent le visiteur dans la cour de la Royal Academy.

A l'entrée, nous sommes saisis, l'artiste a placé son lit, Bed :

Bed Ai Wei Wei

Un lit composé de cent cinquante tonnes de barres d’acier déformées par le séisme de 2008 en Chine, ont été redressées pour former au sol un vaste lit de métal creusé. Voilà de quoi susciter des nuits agitées ? L’œuvre est à l’image de son engagement politique en Chine comme une vague de rébellion. Parmi les œuvres exposées, l'une retient particulièrement notre attention :

Hanging Man (1985), un cintre tordu qui dessine le profil de Marcel Du champ. Un hommage à l’inventeur des « ready-made », ces objets trouvés et élevés au rang d’œuvres d’art, qui forment la base du travail d’Ai Weiwei.

Hanging man

 

Dans la salle suivante, l'étonnement continue avec "Straight" pièce qui dénonce le silence des autorités lors du tremblement de terre. Quelques pas plus loin, six caissons contiennent chacun une reconstitution très réaliste de scènes inspirées des quatre-vingt-un jours de détention de l’artiste en 2011. Ai Weiwei mange, se douche, défèque, en présence de deux gardes qui ne le quittent jamais des yeux.

Straight,2008-12

Cette exposition se conclut de manière scintillante, sous un énorme lustre dont l'armature est composée de cadres de bicyclettes et de cabochons de cristal, un mélange à la fois politique et poétique dont la propagande maoïste faisait tant l’éloge.

Evidence

En début de semaine, l'artiste chinois se voyait refuser d'utiliser les legos fabriqués par une entreprise danoise, pour une œuvre destinée à la National Gallery Of Victoria à Melbourne. Aujourd'hui, toutes les institutions qui le soutiennent, dont la Royal Academy de Londres, ont stationné une voiture de marque BMW à leur entrée, afin de recueillir les précieuses pièces dont l'artiste a besoin.

Pour ceux qui veulent découvrir son exposition, elle est à la Royal Academy jusqu'au 13 Décembre 2015.

 

Rym DJABALI avec Loic De la Mornais