Une Fête des mères politiquement incorrecte pour les Serial Mothers

Par @Culturebox
Publié le 25/05/2013 à 10H25
Les livres pas mièvres à offrir pour le fête des mères

Les livres pas mièvres à offrir pour le fête des mères

© culturebox

Recevoir un collier de nouilles ou un poème pour la Fête des mères, c'est attendrissant. Mais si les plus grands enfants préfèrent jouer les incorrects avec leurs mamans, ils peuvent leur offrir le 26 mai des livres anti-mièvrerie comme "Serial Mother" ou "Mères Anonymes".

"Avant, j'aimais les colliers de diamants, maintenant je mets des colliers de nouilles", s'amuse Jessica Cymerman dans "Serial Mother" (Stock), livre désopilant plein d'autodérision sur la manière dont les serialkids font tourner leurs mères en bourrique. "Le plus dur, c'est les 25 premières années, va", rassure-t-elle. Dans ses billets d'humeur revigorants, suivis de petits conseils déjantés, l'auteure raconte: "les dix façons de rater sa nuit d'amour" avec le  serialfather ("maman, pourquoi tu cries ?", "maman j'ai fait caca !"...), "Noël  depuis que je suis mère", "les idées reçues qui me saoulent", "le jour où on se met à parler franglais pour ne pas être compris des enfants"... Sans compter les poussettes hostiles, la fin des grasses matinées et des sorties impromptues. Ne pas oublier que nos enfants sont merveilleux, bien sûr, ajoute la journaliste qui tient le blog serialmother.fr et a cofondé le site de baby-sitting Yoopies.fr.
 
Place à l'irrespect dans le pamphlet de Lisa Heme "La DéFête des mères"  (Les 2 encres), qui décortique avec un humour cruel et cocasse les dérives de  certaines mères, entre mission sacrée et démission totale. "Arrêtons de béatifier toutes les mères, cessons de tolérer leurs nuisances répétées", dénonce l'auteure, elle-même mère et grand-mère, en égrenant témoignages et portraits.

La galère des mères en BD

Devenir mère, c'est épanouissant, disent les magazines féminins, les copines et la famille. "Tu parles !", s'écrient les héroïnes de la BD "Mères Anonymes" (Dargaud). Aux Mères Anonymes, groupe de parole pour mamans dépassées, que les initiées appellent M.A, à la façon des Alcooliques Anonymes, les femmes  témoignent de leur galère... Ainsi, l'une d'elle reconnaît que sa progéniture "commence à lui faire peur". Gwendoline Raisson et Magali Le Huche détricotent avec humour et tendresse les clichés sur la maternité au fil de vrais faux-témoignages dans lesquels beaucoup de mères se reconnaîtront.

Si vous vous réveillez un matin en réalisant que vous êtes devenue la mère que vous ne vouliez pas être, Christine Lewicki et Florence Leroy proposent de vous transformer en modèles de zénitude en 21 jours dans "J'arrête de râler sur mes enfants" (Eyrolles).

"Mari idéal" 

Et comme il peut y avoir des pères (fêtés mi-juin) dans le paysage, la BD autobiographique, "Une semaine sur deux, tome 2. Je suis ton père" de Pacco  (Fluide glacial), dédramatise avec malice et tendresse le quotidien parfois  rocambolesque de l'auteur, père un peu geek de Maé, 7 ans.

Quant au "Livre de chevet du mari idéal", de Pierre Antilogus et Jean-Louis  Festjens (Michel Lafon), il donne aux hommes les recettes de la "maridéalattitude" pour une vie de famille réussie, avec une bonne dose d'humour misogyne... à prendre au second degré.

Fêtées de puis l'Antiquité
"Fêtées un jour, exploitées toute l'année", selon l'adage féministe, les mères ont été célébrées dès la Grèce et la Rome antiques, lors des cérémonies printanières en l'honneur de Rhéa, ou Cybèle, divinité mère des dieux, mais aussi par les Gaulois.  En France, Napoléon a relancé l'idée d'exalter la maternité. Puis les mères de familles nombreuses ont été honorées au début du XXe siècle dans de nombreux  pays. Les Américains ont ainsi institué le "Mother's Day" en 1908 et la France la "Journée des Mères" en 1929. La Fête des mères actuelle a été officialisée en 1941 par Pétain afin de glorifier mères au foyer et famille, valeurs chères à la France vichyste. La  date du dernier dimanche de mai (sauf si elle coïncide avec la Pentecôte) a été  instaurée en 1950.