Une édition rare de "Du côté de chez Swann" s'envole à plus de 500.000 euros

Mis à jour le 30/10/2017 à 18H38, publié le 30/10/2017 à 18H19
Une édition rare de "Du côté de chez Swann"

Une édition rare de "Du côté de chez Swann"

© FRANCOIS GUILLOT / AFP

Une édition très rare du livre "Du côté de chez Swann" de Proust a été acquise lundi 30 octobre chez Sotheby's, à Paris, pour plus d'un demi-million d'euros. C’est moins que la fourchette haute de l'estimation, a-t-on appris auprès de la maison de vente.

"Le volume est parti pour 535.500 euros", a indiqué une porte-parole de Sotheby's contactée par l'AFP. Son estimation se situait entre 400.000 et 600.000 euros.

L'un des quatre exemplaires encore existants

Trésor pour bibliophile, le volume mis à l'encan était l'un des cinq exemplaires numérotés de "Du côté de chez Swann" sur ce que d'aucuns considèrent comme le plus beau papier du monde: le "japon impérial" ou "washi".

Trois exemplaires de ces livres rares et précieux sont à l'abri chez leur propriétaire et un quatrième a disparu durant la Seconde guerre mondiale sans jamais réapparaître. Le livre mis en vente chez Sotheby's n'était, quant à lui, pas réapparu publiquement depuis 1942, à l'occasion d'une vente aux enchères chez Drouot. Il avait été offert à l'origine par Marcel Proust à Louis Brun, l'un des responsables de la maison Grasset, en reconnaissance de son soutien, comme le rappelle l'écrivain dans sa dédicace. Grand bibliophile, Louis Brun a ajouté à son exemplaire des documents manuscrits de Marcel Proust qu'il a fait relier en fin de volume.

Un livre qui mit longtemps à être publié

Ces documents, huit au total, révèlent un Marcel Proust inattendu. Pour défendre son livre, l'écrivain propose à des amis de la presse parisienne de faire publier dans leurs journaux respectifs des critiques élogieuses de son roman. Tous les moyens sont bons pour l'écrivain. Il propose de l'argent aux journaux, écrit lui-même les articles qu'il souhaite voir publiés. En même temps, le romancier prend garde à ne pas être découvert. Les échos qu'il rédige doivent rester anonymes, insiste-t-il. Pour Benoît Puttemans, spécialiste des manuscrits chez Sotheby's, interrogé par l'AFP avant la vente, payer pour des critiques élogieuses était "une pratique courante à l'époque".

A la décharge de Proust, il faut rappeler qu'il dut batailler avec ardeur pour trouver un éditeur. Il essuya de nombreux refus avant que Bernard Grasset n'accepte de le publier, à frais d'auteur, en novembre 1913. Surpris par le succès du livre, Gaston Gallimard réussit à convaincre Proust de rejoindre sa maison. Ce sera avec la NRF de Gallimard que Proust obtiendra le Goncourt en 1919.