Un roman suédois fait revivre François Mitterrand

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 30/08/2012 à 09H39
Christina Forsne en 1997, chez elle à Göteborg

Christina Forsne en 1997, chez elle à Göteborg

© Claesson / Kamera Reportage / SIPA

Dans son premier roman, Christina Forsne, journaliste et écrivain suédoise qui fut une intime de François Mitterrand (1916-1996), fait revivre le président dans la France de 2012, a-t-elle relaté mercredi à l'AFP.

Leo, un des héros de "Vaar man i världen" ("Notre homme dans le monde"), en vente dans les librairies suédoises, est un président détaché, confronté à l'enlèvement du Premier ministre suédois dans la fameuse brasserie parisienne Lipp, à Saint-Germain-des-Prés.

"Le personnage du président français est évidemment inspiré par François Mitterrand (...) j'ai connu le personnage", a souligné Christina Forsne. Le roman évoque les coulisses du pouvoir et parle d'hommes politiques solitaires "écartés du monde réel", a-t-elle déploré, mais aussi de vengeance.

Le Premier ministre suédois doit en effet payer pour les malheurs que la classe politique mondiale a fait subir aux populations civiles. Il est enlevé lors d'un dîner alors qu'il est protégé par seulement deux gardes du corps. "C'est stupide un homme politique, car ça cherche toujours à échapper à la sécurité", a ironisé l'écrivaine. "Ce que je décris, c'est un homme en fin de mandat avec une certaine fatigue et voulant plutôt s'échapper à la campagne ou au bord de la mer."

Leo délègue l'exécution de toute tâche à un certain Philippe, éminence grise qui rappelle Michel Charasse. "C'est ça qui fait de lui un vrai homme politique." Il se moque de ce Premier ministre suédois, toujours connecté et obsédé par les messages qu'il délivre sur Twitter. Christina Forsne a estimé que François Mitterrand n'"aurait pas voulu voir ce qui se fait aujourd'hui" en politique.

Le Rainbow Warrior, Chirac et l'Histoire
Elle a voulu revenir sur l'affaire du Rainbow Warrior pour disculper l'ancien président de la République : "je suis sûre qu'il n'était pas au courant" des détails de l'attentat, a-t-elle affirmé. "Il était profondémment choqué" par ce qui s'est passé. Il était complètement obsédé par sa place dans l'histoire", a-t-elle ajouté. Il "pensait que Chirac allait faire un président médiocre (...) et ne lui ferait pas d'ombre dans les livres d'histoire".

Christina  Forsne , 64 ans, a quitté Paris en 1995 car elle ne voulait "pas voir François Mitterrand mourir et qu'il était à la fin de sa vie mais aussi car d'un point de vue professionnel, il fallait oser faire autre chose". Elle a conclu : "Il était très important pour moi."

Le personnage du chef du gouvernement suédois est largement inspiré par l'actuel chef de la diplomatie du royaume scandinave, Carl Bildt, qui a occupé ce poste entre 1991 et 1994. Il a eu l'occasion de rencontrer François Mitterrand, qui respectait son intelligence, mais le trouvait trop pro-américain, a souligné l'écrivaine suédoise. La journaliste était la correspondante en France du tabloïde suédois "Aftonbladet" et de la télévision publique suédoise entre 1980 et 1995. Elle apublié en 1997 un livre consacré à François Mitterrand, président entre 1981 et 1995.