"Standard" : l'amour de Nina Bouraoui pour "les gens fragiles"

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/02/2014 à 13H33, publié le 20/02/2014 à 12H09
Nina Bouraoui fait le portrait d'un anti-héros dans son dernier roman "Standard"

Nina Bouraoui fait le portrait d'un anti-héros dans son dernier roman "Standard"

© R. Schroeder/Flammarion

Prix du Livre Inter à 23 ans pour son premier roman, "La voyeuse interdite" (Gallimard), et prix Renaudot en 2005 pour "Mes mauvaises pensées" (Gallimard), Nina Bouraoui publie "Standard" (Flammarion). Dans ce nouveau roman, l'écrivaine s'éloigne de l'autofiction pour raconter l'histoire d'un homme "banal". Elle en profite pour dresser un portrait de la société d'aujourd'hui.

L'histoire : Bruno Kerjen avait la certitude que "le monde réel était fait d'hommes et de femmes à son image, qui pouvaient être remplacés sans que personne remarque la différence de l'un, l'absence de l'autre". Employé d'une entreprise de composants électroniques, cet homme de 35 ans n'attendait rien de la vie. À l'occasion d'un week-end passé chez sa mère près de Saint-Malo, il recroise Marlène. La toxique Marlène de ses années de lycée. Bruno Kerjen, qui s'était interdit depuis d'éprouver tout sentiment, a désormais un rêve : Marlène.

Nina Bouraoui sur le plateau de Louis Laforge 

https://videos.francetv.fr/video/NI_142317@Culture


"J'ai fait le tour de ma question"

Dans ce nouveau roman Nina Bouraoui raconte la vie banale d'un homme "standard", un individu quasi-invisible comme on en croise chaque jour sans même les regarder. L'écrivaine en profite pour raconter une société qui dysfonctionne. L'histoire de ces hommes et de ces femmes qui se font broyer par le système. Avec ce nouveau roman, elle s'éloigne de l'introspection, l'autofiction, qui dominait jusqu'ici son oeuvre. 

Née d'un père algérien et d'une mère bretonne, elle a passé les quatorze premières années de sa vie à Alger. Elle vit un véritable déchirement quand à l'adolescence ses parents décident de s'installer en Bretagne. Un déracinement accentué par l'absence d'au revoir. Elle vit ensuite successivement  à Paris, Zurich et Abou Dabi. Devenue adulte, elle assume son homosexualité. Une vie qui va largement inspirer ses premiers romans. Son neuvième roman "Mes mauvaises pensées" est récompensé du prix Renaudot en 2005. Nina Bouraoui écrit également des chansons, notamment pour Céline Dion. 

Standard


"Standard" de Nina Bouraoui (Flammarion)
288 pages - 19,00 euros