"Pour une fois" : David Nicholls toujours cruel et drôle !

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Mis à jour le 01/05/2013 à 19H24, publié le 01/05/2013 à 16H10
L'auteur anglais David Nicholls

L'auteur anglais David Nicholls

© Steve Bisgrove/Rex Fe/REX/SIPA et Belfond

Après ses magnifiques "Un jour" et "Pourquoi pas ?", le romancier anglais David Nicholls est de retour. "Pour une fois" (Belfond) est, comme ses livres précédents, marqué par l'humour et un sens aigu de la dérision. Un bon moment de lecture.

Pour décrire la déprime, les odeurs de graisse du kebab du dessous et les tâches d'humidité sur les murs, il est le meilleur, aucun doute là dessus ! Les personnages de Nicholls sont rarement des "gagnants". Ils manquent de confiance, enchaînent les échecs et les humiliations, broient du noir, et macèrent dans l'amertume. Pourtant, on ne peut pas s'empêcher de les aimer.
 
Stephen McQueen ne fait pas exception à la règle. Le "héros" de "Pour une fois" est un acteur à la carrière en sommeil, qui s'accroche au fol espoir qu'un jour on remarquera enfin son immense talent. Mais ça n'en prend pas le chemin. Ses rares rôles ? Des autopsiés, des silhouettes, des animaux qui parlent ou... la doublure de la star du moment, le très énervant Josh Harper, qui triomphe chaque soir au théâtre. Arrogant, autocentré et stupide, le beau gosse transforme en or tout de ce qu'il touche, tombe les plus belles femmes de Londres, et, pire que tout, n'est jamais malade, privant Stephen de son rêve absolu : monter au moins une fois sur scène à sa place !

Noir, c'est noir, aucun espoir pour Stephen ? Pas tout à fait. Après une soirée décadente chez la star, les lignes vont commencer à bouger et les rebondissements s'enchaînent. Sans atteindre le niveau du sensationnel "Un jour", David Nicholls tient la forme : son regard sur le show business est aussi cruel que drôle. Les stars et les agents que l'on croise rivalisent d'arrogance et de bêtise. Ce monde supposé artistique transpire la vacuité. Coincé entre ses rêves et ses contradictions, McQueen n'est pas un chevalier blanc, mais sa maladresse le sauve, le rend sympathique. On accompagne son parcours burlesque avec plaisir, jusqu'à un final savoureux. 

"Pour une fois" de David Nicholls (Belfond) 352 pages - 22 euros.
"Pourquoi pas ?" vient d'être édité en poche chez 10/18