Mort du romancier américain Elmore Leonard

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/08/2013 à 13H33, publié le 20/08/2013 à 16H38
Elmore Leonard le 17 septembre 2012 à son domicile de Bloomfield, dans le Michigan

Elmore Leonard le 17 septembre 2012 à son domicile de Bloomfield, dans le Michigan

© Paul Sancya / AP / AFP

L'écrivain et scénariste Elmore Leonard, pilier du roman noir américain, est décédé mardi matin à 87 ans dans sa maison de Detroit, dans le Michigan.

C'est ce qu'a annoncé son site officiel, précisant qu'il s'était éteint "chez lui, entouré de sa famille aimante". Il avait été hospitalisé au début du mois à la suite d'une attaque. Le "New York Times" considérait Elmore Leonard comme "le plus grand auteur de polars vivant".

Dans une interview dont le New York Times se fait l'écho dans sa  nécrologie, l'auteur racontait s'être abonné au magazine "Arizona Highways"  ("Sur les sentiers de l'Arizona") pour se faire une idée de l'atmosphère qu'il  souhaitait dépeindre dans ses westerns, genre qui l'a vu débuter avec sa  nouvelle "3H10 pour Yuma", adaptée deux fois au cinéma.

Un grand du roman noir
Mais c'est grâce au roman noir qu'Elmore Leonard a conquis un lectorat plus  large. Le romancier britannique Martin Amis le présentait comme "un génie littéraire qui écrit des thrillers à lire et à relire". Ses oeuvres les plus connues se déroulent dans les bas fonds de Miami ou de  Detroit, avec pour personnages principaux des policiers, des escrocs et des  assassins. Leonard reconnaissait volontiers que ses romans ne "gravitaient pas forcément autour d'une intrigue". "Ils parlent de gens, de pistolets, et de situations désespérées."

Récemment, Elmore Leonard avait travaillé à adapter deux romans et une nouvelle pour en sortir la série "Justified", où un flic de Miami muté dans son  Kentucky natal est aux prises avec les rustiques coutumes locales.

Ennemi de la pédanterie
Adepte d'une écriture limpide et ennemi de la pédanterie, Elmore Leonard avait, en 2001, livré au New York Times un guide de ses règles d'écriture. "Evitez les descriptions détaillées des personnages, des  lieux et des objets", ou "essayez d'abandonner les passages que les lecteurs ont  tendance à sauter", conseillait-il, dénonçant par ailleurs l'usage excessif des points d'exclamation : "Vous n'êtes pas autorisé à en utiliser plus de deux ou trois pour 100.000 mots", écrivait-il.

Elmore Leonard était né le 11 octobre 1925 à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. Fils d'un cadre chez General Motors, enfant, il a déménagé à plusieurs reprises avant de s'installer à Detroit, dans le Michigan. Après avoir travaillé dans une agence de publicité (tout en vendant des histoires de westerns à des lmagazines), Elmore Leonard a connu ses premiers succès dès les années 1950. Le jeune écrivain était très influencé par Ernest Hemingway, l'histoire des Apaches dans le sud de l'Arizona dans les années 1880, ainsi que par une actualité alors marquée par les gangsters et l'épopée tragique de Bonnie et Clyde, qui furent abattus le 23 mai 1934.

Souvent adapté à l'écran
Spécialiste du roman noir, également auteur de westerns et scénariste, Elmore Leonard a inspiré de très nombreux films à Hollywood. Les films "Hors d'atteinte" (Steven Soderbergh, 1998), "Get Shorty" (Barry Sonnenfeld, 1995), "Jackie Brown" (Quentin Tarantino, 1997 - inspiré de "Rum Punch"), "Hombre" (Martin Ritt, 1967) ou encore "3h10 pour Yuma" (Delmer Daves, 1957) -ainsi que son remake en 2007- sont des adaptations de romans ou de nouvelles de cet écrivain.
Bande-annonce de "Hors d'atteinte", film inspiré d'un roman d'Elmore Leonard


Au moment de sa mort, Elmore Leonard travaillait sur un 46e roman.

Diplômé en anglais et en philosophie, Leonard était père de cinq enfants.