Lois russes anti-gay : lettre ouverte de 200 écrivains

Mis à jour le 06/02/2014 à 11H54, publié le 06/02/2014 à 11H53
Manifestation pour les droits des homosexuels à Saint-Pétersbourg le 5 mai 2013

Manifestation pour les droits des homosexuels à Saint-Pétersbourg le 5 mai 2013

© Dmitry Lovetsky / AP / Sipa

Plus de 200 éminents écrivains ont signé une lettre ouverte publiée jeudi dans le quotidien britannique "The Guardian" pour dénoncer les lois russes sur le blasphème et contre l'homosexualité, à la veille du lancement vendredi des Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, en Russie.

Dans cette lettre, Salman Rushdie, Aki Kaurismäki, Paul Auster, Margaret Atwood ou encore Jonathan Franzen accusent la Russie d'"asphyxier" la créativité. Ils expliquent que la loi contre la "propagande de relations sexuelles non-traditionnelles", la récente interdiction du blasphème, les charges accrues contre la diffamation "mettent les écrivains particulièrement en danger".

"Une démocratie saine doit écouter les voix indépendantes"
"Une démocratie saine doit écouter les voix indépendantes de tous ses citoyens ; la communité internationale a besoin d'entendre, et d'être enrichie, par la diversité des opinions russes", peut-on lire dans cette lettre signée par plus de 200 écrivains issus de 30 pays différents, dont quatre prix Nobel de littérature (Gunter Grass, Wole Soyinka, Elfriede Jelinek et Orhan Pamuk).

La liberté d'expression "étranglée"
"Nous exhortons donc les autorités russes à révoquer ces lois qui étranglent la liberté d'expression", ont ajoutés les écrivains, faisant voeu de ne pas se taire "alors que nous voyons nos amis écrivains et journalistes forcés au silence ou s'exposant à des poursuites et parfois à des peines drastiques pour le simple fait de partager leurs pensées".

La loi promulguée en juin dernier par Vladimir Poutine, punissant d'amende et de prison la "propagande" de l'homosexualité devant mineurs, a suscité depuis de vives critiques, notamment en Occident.

Des appels de l'ONG All Out aux sponsors des JO
Mercredi, alors que la flamme olympique arrivait à Sotchi, l'ONG All Out de défense LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels) a organisé des manifestations dans 19 villes du monde, de New York à Melbourne en passant par Paris et Saint-Pétersbourg pour la Russie (mais pas Sotchi), appelant les sponsors des JO à "sortir de leur silence sur les lois anti-gays russes".

Abordant le sujet dans un discours mardi à Sotchi, le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a déclaré que tout le monde devait lutter contre les "discriminations sur la base (...) de l'orientation sexuelle ou tout autre préjudice". Toutefois, le sport ne devrait pas être "une tribune pour des dissidences politiques ou pour essayer de marquer des points pour des motifs de contestation politique intérieure ou extérieure", a-t-il ajouté.