"Les Bourgeoises": Sylvie Ohayon retrace son parcours du 93 aux beaux quartiers

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 19/09/2012 à 16H20
Sylvie Ohayon et sa grand-mère Margot

Sylvie Ohayon et sa grand-mère Margot

© France3/Culturebox

Avec "Les Bourgeoises", édité chez Robert Laffont, Sylvie Ohayon revient sur son parcours personnel et sur la manière dont elle pénètre le monde très huppé du 1er arrondissement de Paris. Un milieu fermé et jusque là inaccessible à la petite juive tunisienne originaire de la cité des 4000 de la Courneuve.

Autobiographie assumée, la plume acérée et vive de Sylvie Ohayon dresse le portrait gratiné de certaines femmes de la crème parisienne et s'égratigne aussi au passage.

Résumé : «J'aimerais vous raconter ces filles que j'ai voulu mépriser pour ne pas avoir à me sentir inférieure, celles à qui j'ai d'abord caché mon origine géographique comme on cache une maladie honteuse. Avec elles, j'ai découvert un monde rempli de codes insensés, un monde où l'éloquence acquise par des années d'éducation servait à parer de falbalas une violence bien plus vaste et destructrice que celle qu'on montre le soir à la télévision quand les voitures brûlent. Et puis un jour j'en ai croisé qui m'ont écrasé la gueule dans mon assiette de préjugés, ont forcé au pied-de-biche mon ouverture d'esprit, m'ont donné à voir qu'on n'était pas forcément plus à plaindre parce qu'on avait grandi dans un clapier bruyant et sourd.» 

https://videos.francetv.fr/video/NI_132715@Culture

Pendant son enfance, Sylvie Ohayon a subi la violence d'un beau-père malveillant. Sa grand-mère l'a soutenue et aidée à s'en sortir. Elève très brillante, elle fait de longues études puis travaille en tant que créative en agence de pub. Elle raconte son histoire dans son premier roman "Papa was not a Rolling Stone". Celui-ci a été distingué par le prix 2011 de la Closerie des Lilas. Il est en cours d'adaptation au cinéma.

 

Les Bourgeoises, Sylvie Ohayon, sept. 2012 chez Robert Laffont