Le prix Médicis à Emmanuelle Pireyre pour "Féérie générale"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 06/11/2012 à 13H05
Emmanuelle Pireyre, prix Médicis 2012, devant le théâtre de l'Odéon, le 6/11/2012

Emmanuelle Pireyre, prix Médicis 2012, devant le théâtre de l'Odéon, le 6/11/2012

© B.Guay / AFP

Le prix Médicis a été attribué mardi à Emmanuelle Pireyre, 43 ans, pour son quatrième roman "Féérie générale" (Editions de l'Olivier), a annoncé son éditeur, peu avant l'annonce officielle.

Ce roman-collage, dans lequel réalité et fiction s'entremêlent, est construit comme une succession d'histoires où les langages se téléscopent: récit, introspection, langage parlé, sms, courriels, rap... 

Emmanuelle Pireyre y poursuit son oeuvre inclassable en forme de mosaïque, qui traite cette fois de l'intimité en prise avec une société connectée tous azimuts, plongeant pour inspiration dans les médias ou les forums internet. "Je viens de la poésie et inventer des formes ne me fait pas peur", a lancé la lauréate. "J'ai mis longtemps à écrire ce livre, 5 ans, pour donner une version féerique du monde qui me demandait d'inventer des personnages, des situations et beaucoup de transformations", a-t-elle ajouté.

Le 4me roman d'Emmanuelle Pireyre :"Féérie générale" (Editions de l'Olivier)

Le 4me roman d'Emmanuelle Pireyre :"Féérie générale" (Editions de l'Olivier)

© DR
 Après "Comment faire disparaître la terre ?", l'auteure, qui écrit et publie depuis 1995, explique qu'elle voulait "quelque chose de plus positif que la question de la destruction". Un processus d'écriture qui a été "très long". Pour l'écrire, celle, qui a écrit plusieurs fictions radiophoniques et donne régulièrement des lectures-performances, s'est abreuvée à beaucoup de sources : articles, sociologie, manuels pratiques, littérature, retenant "les idées qui (lui) plaisent".

L'Israélien Avraham B. Yehoshua remporte le Médicis étranger pour "Rétrospective" (Grasset)
C'est un roman mélancolique sur les mystères de la création artistique. "Rétrospective" prend comme fil conducteur la réalisation d'un film. Il met en scène un célèbre réalisateur israélien, Yaïr Mozes, âgé de 70 ans, avec un scénariste, une actrice et un directeur de la photographie. Leurs rapports conflictuels illustrent les tensions auxquelles se heurtent tous les créateurs.

Né en 1936, à Jérusalem, dans une famille d'intellectuels sépharades, Avraham B. Yehoshua est connu pour son engagement dans le camp de la paix, aux côtés des écrivains Amos Oz et David Grossman, lui-même couronné par le Médicis étranger en 2011 pour "Une femme fuyant l'annonce" (Seuil). Il a participé à l'Initiative de Genève en faveur du processus de paix israélo-palestinien. L'auteur de "L'Amant" ou de "Monsieur Mani" a remporté de nombreuses récompenses littéraires et ses livres sont traduits en une trentaine de langues.

Le prix Médicis essai revient à "Congo, une histoire" de David Van Reybrouck (Actes Sud)
Le volumineux ouvrage (672 pages) déroule en détail le destin de ce pays, autrefois propriété personnelle du roi belge Léopold II. Des premiers chasseurs-cueilleurs au président de la RDC Joseph Kabila, Van Reybrouck raconte la grande histoire du Congo en l'illustrant de multiples témoignages recueillis auprès d'acteurs et protagonistes aussi divers qu'anthropologues, artistes, politiques, religieux, ou simples témoins, parfois centenaires.

A la fois archéologue et historien, auteur de théâtre et poète, journaliste et citoyen engagé, David Van Reybrouck, 41 ans, a reçu en 2010 le prix hollandais AKO qui récompense d'ordinaire une oeuvre littéraire. "Congo, une histoire" a connu un succès sans précédent pour un essai avec plus de 250.000 exemplaires vendus en Belgique et aux Pays-Bas.