Décès de Chinua Achebe, un des pères de la littérature africaine

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/03/2013 à 14H50, publié le 22/03/2013 à 13H24
L'écrivain nigérian Chinua Achebe en janvier 2009 à Abuja

L'écrivain nigérian Chinua Achebe en janvier 2009 à Abuja

© Abayomi Adeshida / AFP

Reconnu pour son rôle déterminant dans le développement de la littérature africaine, l'écrivain nigérian est mort à Boston où il était professeur. Il avait 82 ans.

Chinua Achebe avait publié en 1958 son premier roman, "Le monde s'effondre", une oeuvre devenue culte et imprégnée de la culture Igbo, son groupe ethnique, sur le sujet de la colonisation.

Romancier, poète et essayiste, Achebe était connu mondialement pour cette histoire d’un guerrier Igbo à la fin du XIXe siècle, quand les hommes blancs débarquent. Traduit en cinquante langues, il a été vendu à plus de 10 millions d’exemplaires à travers le monde, rapporte The Guardian.

Ses romans tournaient souvent autour de ces thèmes du conflit entre la tradition et le colonialisme : "Le Malaise" ("No Longer at Ease", 1960), "La flèche de Dieu" ("Arrow of Fog", 1964), "Les termitières de la savane" ("Anthills of the Savannah", 1988)
 
Pour sa collègue sud-africain, Nadine Gordimer, c’est "une joie et une illumination de le lire", selon le quotidien. Pour Nelson Mandela, Achebe a "révélé l’Afrique au reste du monde". L’ancien détenu du régime de l’apartheid l’appelait "l’écrivain en compagnie de qui les murs de la prison s’effondrent".
 
Chinua Achebe est aussi connu pour un essai sur Joseph Conrad, "An Image of Africa : Racism in Conrad’s Heart of Darkness" (1975).

Professeur à la Brown University (Etats-Unis), Chinua Achebe était très respecté au Nigeria pour son oeuvre littéraire mais aussi pour ses prises de position et ses engagements. Il y a deux ans, il avait refusé pour la deuxième fois d'être décoré par les autorités nigérianes, estimant que son pays se portait trop mal.

Un parcours engagé
Achebe est né dans les années 30 dans le sud-est du Nigeria. L'atmosphère est alors dominée par les missionnaires chrétiens et le colonialisme britannique. Son père, instituteur anglican, sillonne la région avec sa mère pour prier et enseigner. Chinua Achebe est étudiant à l'université d'Ibadan, puis collabore à la Nigerian Broadcasting Corporation dans les années 50, avant l'indépendance de 1960. En 1967, les habitants du sud-est du Nigeria font sécession après des massacres du peuple Igbo et forment la nation du Biafra : Achebe la soutient. Une guerre civile de 1967 à 1970 suit. L'écrivain, qui a enseigné dans son pays, en Grande-Bretagne et aux USA, a écrit en 2012 son "Histoire personnelle du Biafra". 

Paralysé des membres inférieurs après un accident de voiture en 1990, Achebe était aussi très respecté au Nigeria pour ses prises de position contre la corruption et la mauvaise gouvernance d'un pays richissime en pétrole. Il avait écrit à ce sujet le pamphlet "Le problème avec le Nigeria" (1984). 

Le Nigéria insiste pour que l'écrivain soit enterré dans son pays
Les autorités de l'Etat d'Anambra (sud-est  du Nigeria) veulent absolument que l'écrivain nigérian Chinua Achebe, décédé  cette semaine aux Etats-Unis, soit inhumé "au sein de sa communauté d'origine",  a déclaré samedi un porte-parole de l'état de naissance du grand romancier et  poète.

La famille de Chinua Achebe, dont la vie avait été marquée par des  relations difficiles avec les autorités de son pays, n'a pas encore annoncé  comment elle envisageait les funérailles du romancier, mort jeudi de maladie, à  l'âge de 82 ans.

Nigéria : les autorités d'Anambra insistent pour que l'écrivain y soit enterré
Les autorités de l'Etat d'Anambra (sud-est  du Nigeria) veulent absolument que Chinua Achebe, soit inhumé "au sein de sa communauté d'origine",  a déclaré samedi un porte-parole de l'état de naissance du grand romancier et  poète.

La famille de Chinua Achebe, dont la vie avait été marquée par des relations difficiles avec les autorités de son pays, n'a pas encore annoncé  comment elle envisageait les funérailles du romancier, mort jeudi de maladie, à l'âge de 82 ans.

Mike Udah, porte-parole du gouverneur de l'état d'Anambra, a affirmé: "Il  était un célèbre promoteur de la culture africaine. Il ne peut qu'être enterré  au sein de sa communauté d'origine".  "L'idée de l'enterrer en dehors de sa communauté est totalement exclue",  a-t-il insisté.