Christine Angot condamnée pour atteinte à la vie privée

Par @Culturebox
Publié le 27/05/2013 à 18H44
Christine Angot en novembre dernier au Mans

Christine Angot en novembre dernier au Mans

© PHOTOPQR/LE MAINE LIBRE/OLIVIER BLIN

L'écrivain Christine Angot et son éditeur Flammarion ont été condamnés lundi pour atteinte à la vie privée à verser solidairement 40.000 euros de dommages et intérêts à une femme dont des éléments de la vie intime sont dévoilés dans le livre "Les Petits".

La plaignante, Elise Bidoit, qui a vécu et a eu quatre enfants avec un homme devenu par la suite le compagnon de Christine Angot,  l'avait poursuivie devant le tribunal de grande instance de Paris. Lors de l'audience le 25 mars devant la 17e chambre civile, les avocats de Mme Bidoit et de Mme Angot et de son éditeur s'étaient opposés sur la question de savoir si la plaignante était ou non identifiable par des personnes n'appartenant pas à sa sphère familiale. 

En 2009, Mme Bidoit avait déjà entamé devant le tribunal de grande instance de Nanterre une action en justice concernant un précédent livre de Christine Angot, "Le Marché des amants", qui s'était soldé par un accord prévoyant une indemnisation de 10.000 euros.

D'autres affaires de "héros malgré eux" 

Aux Etats-Unis, le best-seller "La couleur des sentiments", de Kathryn Stockett, paru en 2011, retraçant l'histoire d'employées de maison noires dans le Mississippi ségrégationniste des années 1960, a lui aussi provoqué la colère de l'une d'elles. Albene Cooper s'est reconnue dans le personnage d'Aibileen Clark. Jugeant le portrait injurieux, elle a saisi la justice. 

Patrick Poivre d'Arvor, poursuivi par son ancienne compagne Agathe Borne, a été condamné en 2011 pour avoir transposé leur idylle en 2009, sans son autorisation, dans son roman "Fragments d'une femme perdue", et avoir publié les lettres d'amour qu'il avait reçues.  

Dominique Strauss-Kahn, héros malgré lui du roman de Marcela Iacub "Belle et bête", a obtenu en février la condamnation de l'auteur et de l'éditeur Stock, le livre portant atteinte à sa vie privée bien qu'il ne soit jamais cité. Pour la même raison, les éditions Robert Laffont viennent d'être condamnées le 23 mai à verser 10.000 euros de dommages-intérêts à Raphaël Duroy. Même sous un pseudonyme, ont dit les juges, le fils de l'écrivain Lionel Duroy, a été victime du roman de son père, "Colères", publié en 2011. L'auteur y dévoilait la vie privée de son fils. 

Il y a dix ans, la justice avait en revanche rejeté la demande de Jean-Michel Couve, député-maire UMP de Saint-Tropez, qui attaquait le critique gastronomique Christian Millau pour son roman "Une campagne au soleil". M. Couve ne pouvait pas, selon elle, se reconnaître sous les traits de Max Farina, maire peu recommandable de Port-Cigale, un village imaginaire de la Côte d'Azur. 

En 1999, Mathieu Lindon, édité par Paul Otchakovsky-Laurens, auteur et éditeur du "Procès de Jean-Marie Le Pen", ont dû verser des dommages-intérêts à l'homme politique. Bien qu'il s'agisse d'un roman, des passages du livre avaient été jugés diffamatoires.