Après le prix des libraires, Alice Zeniter reçoit le prix littéraire du Monde

Par @Culturebox
Mis à jour le 26/10/2017 à 14H07, publié le 06/09/2017 à 19H54
Alice Zeniter a reçu le prix littéraire du Monde 2017 pour "L'art de perdre" (Flammarion)

Alice Zeniter a reçu le prix littéraire du Monde 2017 pour "L'art de perdre" (Flammarion)

© Lewis Joly / JDD / SIPA

Révélation de la rentrée, Alice Zeniter a reçu mercredi le prix littéraire du journal Le Monde pour "L'art de perdre" (Flammarion), un récit puissant sur les non-dits de la guerre d'Algérie racontant avec une rare empathie le destin d'une famille française dont le grand-père fut harki.

"L'art de perdre" est le 5e roman de la romancière, âgée seulement de 31 ans, et dont le palmarès littéraire est déjà impressionnant : prix de la Closerie des Lilas et prix du livre Inter en 2013, prix Renaudot des lycéens en 2015.
 
Alice Zeniter est en lice cette année pour le Goncourt et le Renaudot (en attendant le choix, la semaine prochaine, des jurys du Médicis et du Femina) et doit recevoir vendredi le convoité prix des libraires de Nancy.
 
Le prix des libraires de Nancy a prédit trois fois d'affilée le futur Goncourt.

Un roman unanimement salué par la critique

Paru le 16 août, au premier jour de la rentrée littéraire, "L'art de perdre" a été depuis unanimement salué par la critique.
 
Faisant fi de tous les préjugés colportés sur les harkis, ces Algériens restés du côté de la France pendant la guerre d'indépendance, Alice Zeniter choisit de nous raconter cette histoire à la seule hauteur d'êtres humains tragiquement ballotés par l'Histoire. Cela donne un récit saisissant dont le souffle et l'humanité ne s'épuisent jamais.
 
"L'Algérie les appellera des rats. Des traîtres. Des chiens. Des apostats. Des bandits. Des impurs. La France ne les appellera pas, ou si peu. La France se coud la bouche entourant de barbelés les camps d'accueil", écrit Alice Zeniter, elle-même fille d'une mère normande et d'un père kabyle.

L'histoire d'une jeune parisienne qui va en Algérie, la terre de son père et son grand-père

La narratrice de cette histoire occultée est Naïma, jeune parisienne travaillant pour une galerie d'art. Pour des raisons professionnelles, elle va en Algérie, la terre de son grand-père Ali, soldat qui participa à la bataille pour la libération de la France à la fin de la Seconde guerre mondiale, la terre également de son père Hamid, muré dans son silence quand il est question de l'Algérie.
 
L'histoire de Naïma c'est aussi notre histoire. Une histoire d'identité française, évidemment plurielle.
 
"L'art de perdre" était en lice face à dix autres ouvrages dont certains figurent eux aussi dans la sélection du Goncourt et/ou du Renaudot : "Un certain M. Piekielny" (Gallimard) de François-Henri Désérable, "Taba-Taba" (Seuil) de Patrick Deville ou "Summer" (JC Lattès) de Monica Sabolo.
 
Créé en 2013, le prix littéraire du Monde avait récompensé l'an dernier Ivan Jablonka pour "Laëtitia ou la fin des hommes" (Seuil).