Agnès Desarthe, "Goncourt des animaux" pour "Une partie de chasse"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 14/11/2012 à 18H22
Une lectrice découvre le livre d'Agnès Desarthe... (14/11/2012)

Une lectrice découvre le livre d'Agnès Desarthe... (14/11/2012)

© Pierre Verdy / AFP

Le roman d'Agnès Desarthe "Une partie de chasse", paru aux éditions de l'Olivier, a reçu mercredi l'équivalent du "Goncourt des animaux", récompense décernée par le jury du prix 30 millions d'amis, dont fait partie Michel Houellebecq.

La lauréate, distinguée par les jurés au 2e tour à l'unanimité, a exprimé sa joie, interrogée par l'AFP : "Je suis très honorée et très surprise que des membres du jury, comme Michel Houellebecq, m'aient désignée. Ca me fait très plaisir."

"Une partie de chasse" relate l'aventure d'un jeune homme qui tombe dans une galerie souterraine et se blesse, alors qu'il était sorti accompagner des chasseurs. Une tempête éclate. Une longue attente débute pour le blessé, Tristan, sensible et délicat, qui ne ressemble en rien aux autres chasseurs plutôt rustres. Dans ce monde où les animaux sont doués de parole, une intense conversation s'engage entre le blessé et un lapin de garenne sur le sens de la vie, animale ou humaine.

"L'idée du roman est venue de mes rencontres avec les chasseurs qui m'ont montré un amour des animaux et de la nature, ce qui n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais", a raconté l'auteur.

"Comment on tue ce qu'on aime ? Voilà quelque chose que je ne comprends pas. Les crimes passionnels après tout, c'est peut-être ça. Donc considérer la chasse comme un crime passionnel, pourquoi pas ? C'était la piste de départ de mon roman", a expliqué la romancière qui avoue "un petit côté animiste".

"Je me promène souvent seule en forêt. J'ai souvent été troublée par les rencontres avec les animaux. Les bêtes sont des pôles de réflexions de la condition humaine", a dit Agnès Desarthe, qui vit avec un chat qu'elle considère comme "un vrai membre de la famille".

Un jury conquis
"C'est un livre très bien écrit, très agréable à lire, le style est incisif avec une certaine ironie", a commenté Frédéric Lenoir, nouveau membre du jury. "On est de plus en plus coupé de la nature et l'animal nous rappelle sa présence."

Michel Houellebecq, membre du jury pour la deuxième année, a été séduit par "la construction du livre". "Dans le premier chapitre, la conscience de l'animal est présentée, dans un autre les humains interviennent mais l'animal est toujours présent en arrière-plan pour s'étonner mais aussi respecter leurs actions. C'est original et intéressant."

Outre Houellebecq et Lenoir, le jury comprend différentes personnalités : Françoise Xenakis, Irène Frain, Reha Hutin, Didier van Cauwelaert, Didier Decoin de l'Académie Goncourt, Frédéric Vitoux et Jean-Loup Dabadie de l'Académie française.

Agnès Desarthe a reçu un chèque d'une valeur de 1000 euros de la Fondation 30 millions d'amis, avec pour mission de reverser l'intégralité de la somme à une association de protection animale de son choix.

L'an dernier, le vétérinaire urgentiste Erwann Creac'h avait été récompensé pour son livre "Carnivores domestiques", paru aux éditions Edite, évoquant la souffrance des animaux de compagnie dans les villes.

La remise du "Goncourt des animaux" fera l’objet d’un reportage dans l’émission "30 Millions d’Amis", le samedi 8 décembre 2012 à 12h50, sur France 3.