Restauration à Rome de la bibliothèque de Saint-Louis des Français

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Publié le 02/11/2013 à 14H39
Livres anciens du XVIIIe siècle

Livres anciens du XVIIIe siècle

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Un trésor de livres précieux du XVIe au XXe siècles, illustrant les débats internes à l'Eglise et les rapports entre la France et la papauté, est sorti de l'oubli et de la poussière: la Bibliothèque de Saint-Louis des Français à Rome sera progressivement ouverte aux chercheurs.

La bibliothèque restaurée, qui se trouve à côté de la célèbre église au coeur de la Rome historique, abrite sous ses toits 32.000 livres, dont 18.000 anciens.
Parmi eux, des pièces belles et précieuses : un exemplaire unique d'une messe du musicien  Giovanni Pierluigi da Palestrina (XVIe siècle), un recueil contenant des moqueries sur les puissants, en particulier les papes, d'alors, des volumes du "Nouveau Mercure Galant", ancêtre du journalisme au XVIIe siècle, de grands livres de choeur du XVIIIe siècle, un herbier de 1774 aux magnifiques couleurs vives, une collection complète de planches, datant de 1812, "Description de l'Egypte", après l'expédition française envoyée par Napoléon Ier sur le Nil, etc.
"On n'y trouve pas seulement de la théologie, mais aussi beaucoup de sciences, de littérature, de philosophie... Tout ce qu'il fallait pour la formation d'un bon humaniste du XVIIIe siècle", a expliqué Marie-Elisabeth Boutroue, membre de l'Institut de Recherche en Histoire des Textes au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), 
La nef de l'église Saint-Louis des Français à Rome

La nef de l'église Saint-Louis des Français à Rome

© DU SORDET-ANA / ONLY WORLD / ONLY FRANCE
L'ambassadeur de France près le Saint-Siège, Bruno Joubert, a relevé que les églises françaises ne renferment pas seulement des richesses picturales et architecturales : "à côté des toiles du Caravage, il était un autre trésor un peu oublié, auquel il convenait de redonner son lustre", a-t-il noté.
La bibliothèque abrite des fonds des Oratoriens de Saint-Louis, des Minimes de la Trinité-des-Monts, et bien d'autres encore, comme la bibliothèque des zouaves pontificaux (corps créé le 1er janvier 1861 sur le modèle des troupes de zouaves de l'armée française) et le fonds du cardinal secrétaire d'Etat Jean-Marie Villot, mort en 1979.
Ces livres, qui pourront être consultés par les historiens, apportent des éclairages sur les débats théologiques des XVII/XVIIIes siècles (le jansénisme par exemple) ou sur les rapports entre France et papauté.
Les Pieux Etablissements, fondation française chargée de conserver ces cinq églises et des immeubles, doivent faire face aux dépenses croissantes d'un patrimoine plusieurs fois séculaire. Ils sont amenés à faire des arbitrages. "Ils n'ont pas hésité à considérer que la réfection de la bibliothèque faisait partie de ces priorités et ils y ont consacré des moyens à la hauteur du fonds qu'elle abrite", s'est félicité M. Joubert.