Rencontre avec Jean-Baptiste Del Amo, toujours en lice pour le Goncourt 2016

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/10/2016 à 15H33, publié le 20/10/2016 à 15H23
Jean-Baptiste Del Amo, auteur de "Règne animal" chez Gallimard

Jean-Baptiste Del Amo, auteur de "Règne animal" chez Gallimard

© IP3 PRESS/MAXPPP

Le livre de Jean-Baptiste Del Amo "Règne animal" toujours en lice pour le prix Goncourt 2016. Le jeune auteur toulousain signe là un texte fort et dérangeant. Son amour de la langue française, il vient le partager avec des élèves du lycée de Cugnaux, lycée où il a passé son bac et connu ses premières émotions littéraires.

En franchissant le portail du lycée de Cugnaux, Jean-Baptiste Del Amo revient aux sources. C’est là qu’il y a 17 ans, le jeune garçon a fait ses études secondaires, et surtout découvert la littérature. Jusqu’en première, Jean-Baptiste Del Amo avait plutôt des difficultés avec le système scolaire. Mais il découvre un jour les grands textes classiques. C’est la révélation. De tous les professeurs qui  l’ont marqué, et accompagné, Jacques Bourbon se souvient : "Il avait à peine quinze ans, je trouvais que son style était précis et qu’il avait quelque chose à dire".
Aux lycéens de Cugnaux Jean-Baptiste Del Amo  vient transmettre son expérience. Car pour lui, tout part d’une expérience. Celle qui a été déterminante pour  la rédaction de son livre "Règne animal" est la visite d’une porcherie industrielle. La barbarie, l'absurdité, le martyre des animaux victimes de la course à la  productivité, tout cela l'a profondément bouleversé.

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Une fresque lyrique

"Règne animal" est une fresque, une épopée, qui suit sur un siècle l’évolution d’une famille de paysans. Ils possédaient deux  cochons :  ils se sont transformés au fil du temps en chefs d’entreprise. D’éleveurs modestes, ils sont devenus directeurs d’une usine à viande obsédés par le rendement. Un roman naturaliste qui dégage des odeurs, de sueur, de sang, de purin, un roman dérangeant où la souffrance exercée sur les animaux n’a d’égale que la souffrance que les hommes s’infligent à eux-mêmes. La souffrance animale, comme un miroir de la sauvagerie humaine.

Un livre militant

Cette réalité de la  violence, Jean-Baptiste Del Amo  la revendique pour mieux la stigmatiser. On connaît son engagement dans l’association L214 qui régulièrement dénonce la barbarie pratiquée dans les abattoirs. Et certains lui reprochent d’avoir écrit un livre militant, trop militant. Mais c’est sans doute le premier grand livre écrit sur la souffrance animale, signe d’un changement d’époque. Le statut des animaux a changé dans le code civil. Et s’il fut un temps où l’animal était méprisé, considéré comme un simple objet à notre disposition, il suscite aujourd’hui de l’empathie. Et comme le suggère le titre du roman de Jean-Baptiste Del Amo, nous faisons aussi partie du "Règne animal".