Qatar : un poète critique du régime condamné à 15 ans de prison

Par @Culturebox
Publié le 21/10/2013 à 14H57
Le poète qatari Mohammed Al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib.

Le poète qatari Mohammed Al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib.

© DR

Le poète Mohamed Al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib, croupit depuis deux ans dans une prison au Qatar. Son crime ? Avoir commis un poème jugé critique du régime qatari. Lundi, la Cour de cassation de Doha a confirmé sa peine de 15 ans de prison prononcée en appel en février dernier. Il y a un an, il avait été condamné à perpétuité en première instance.

Mohamed Al-Ajmi, alias Ibn al-Dhib, avait été arrêté en novembre 2011 pour un poème saluant le Printemps arabe et exprimant l'espoir qu'il s'étende aux monarchies du Golfe. Sans citer le Qatar, il semble souhaiter qu'elle s'étende au richissime émirat gazier. Dans ce texte il raconte la résistance des Tunisiens et clame "Nous sommes tous la Tunisie face à une élite répressive".

Durant le procès, son avocat a fait valoir qu'il n'y avait "aucune preuve que le poète ait prononcé en public le poème pour lequel il était jugé" et assuré que le texte avait seulement été récité devant des amis "dans son appartement au Caire", où il étudie la littérature arabe.
   
Le 29 novembre 2012, il est d'abord condamné à la prison à perpétuité pour "atteinte aux symboles de l'Etat et incitation à renverser le pouvoir". Il se pourvoit en appel et sa peine est alors réduite à 15 ans de prison en appel en février dernier.
   
"C'est un jugement politique et non judiciaire", a déclaré l'avocat du poète, Me Naïmi, ancien ministre de la Justice du Qatar, déplorant que ses appels à rouvrir l'enquête pour rejuger son client n'aient pas eu de suite.

Aujourd'hui, l'avocat espère "une grâce de l'émir", cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, le dernier recours pour son client qui, souligne-t-il, "croupit en prison depuis deux ans en isolement".