Le Prix de Flore remis à Pierre Ducrozet et Johann Zarca, ex-aequo, une première

Par @Culturebox
Publié le 08/11/2017 à 17H42
Pierre Ducrozet à Manosque (23 septembre 2017)

Pierre Ducrozet à Manosque (23 septembre 2017)

© Joël Saget / AFP

Ça n'était jamais arrivé depuis la création du prix en 1994 : deux lauréats, Pierre Ducrozet et Johann Zarca, se partagent le prix de Flore, pour respectivement "L'invention des corps" (Actes Sud) et "Paname Underground" (Goutte d'Or).

Le jury du Flore, présidé comme celui du Renaudot par Frédéric Beigbeder, n'a pas réussi à choisir entre deux écrivains. Le prix devait être remis en soirée aux deux lauréats dans le célèbre café éponyme de Saint-Germain-des-Prés à Paris. Après trois tours de scrutin, les deux écrivains ont reçu six voix chacun.

"L'invention des corps", quatrième roman de Pierre Ducrozet, 35 ans, relate l'histoire d'Alvaro, un jeune prof mexicain, rescapé du massacre de 43 étudiants par la police mexicaine en septembre 2014. Alvaro va clandestinement aux États-Unis où il deviendra le cobaye d'un laboratoire voulant recréer un corps humain à partir de cellules souches.

"Paname Underground" se lit comme un guide de voyage (qui aurait été écrit sous l'emprise de substances illicites) sur les cloaques de Paris. Johann Zarca, 33 ans, entraîne ses lecteurs dans les bas-fonds de la capitale. On le suit dans les catacombes, dans le Barbès "des lascars" ou chez "les toxicos" de la Goutte d'Or.

Lancées il y a deux ans, les éditions de la Goutte d'Or ont l'ambition de "publier des livres d'immersion qui emmènent le lecteur pour une virée dans des univers de marge, mal connus et fantasmés".

Un prix pour distinguer un "talent prometteur"

Le jury du prix de Flore, présidé par Frédéric Beigbeder, est composé de Jacques Braunstein, Manuel Carcassonne, Carole Chrétiennot, Michèle Fitoussi, Jean-René Van Der Plaetsen, François Reynaert, Jean-Pierre Saccani, Bertrand de Saint-Vincent, Christophe Tison, Philippe Vandel et Arnaud Viviant.

Le prix, qui entend récompenser un écrivain au "talent prometteur", consiste en un chèque de 6.100 euros ainsi qu'un verre de Pouilly gravé au nom du lauréat, "à consommer sans modération" durant une année au Café de Flore. L'an dernier, il avait été attribué à Nina Yargekov pour "Double nationalité" (P.O.L).