Le Goncourt et le Renaudot désignent leur lauréat ce lundi

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 06/11/2017 à 09H06, publié le 06/11/2017 à 08H59
Librairie parisienne l'écume des pages 2017

Librairie parisienne l'écume des pages 2017

© Denis Meyer / Hans Lucas

Le coeur des auteurs en lice pour le Goncourt et le Renaudot va cesser de battre lundi juste avant la proclamation du nom des lauréats qui succéderont à Leila Slimani (Goncourt 2016) et Yasmina Reza (Renaudot 2016). L'annonce est attendue vers 12H45 au restaurant Drouant à Paris.

Didier Decoin, secrétaire général de l'académie Goncourt, prendra la parole en premier, suivi par Frédéric Beigbeder, qui préside le jury du Renaudot. Ces annonces devraient se faire au milieu d'un "joyeux bordel" comme s'en délecte Bernard Pivot, le président de l'académie Goncourt. Plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone, le Goncourt attire traditionnellement une foule de curieux.

Goncourt : deux hommes et deux femmes sur les rangs

Les finalistes sont Yannick Haenel, 50 ans, pour "Tiens ferme ta couronne" (Gallimard), Véronique Olmi, 55 ans, pour "Bakhita" (Albin Michel), Éric Vuillard, 49 ans, pour "L'ordre du jour" (Actes Sud) et Alice Zeniter, 31 ans, pour "L'art de perdre" (Flammarion").

"On ne choisit pas en fonction du sexe ou de l'origine de l'auteur. Ni de l'éditeur. On décide en fonction du livre. C'est la seule chose qui compte", rappelait récemment Bernard Pivot. 

Pronostics

Le magazine spécialisé Livres Hebdo a interrogé vendredi seize journalistes littéraires, dont celui de l'AFP, pour recueillir leur pronostic. Véronique Olmi tient la corde pour décrocher le prix. A la question "qui aura le Goncourt ?", elle a obtenu neuf voix contre quatre à Alice Zeniter. À la question "qui mériterait le Goncourt ?", les journalistes ont répondu dans l'ordre Eric Vuillard (5 voix), Alice Zeniter (4 voix), Yannick Haenel (3 voix). Véronique Olmi a déjà le prix du roman Fnac. Elle compte parmi les rares auteurs de la rentrée dont le livre, histoire d'une petite esclave soudanaise du XIXe siècle proclamée sainte en 2000 par Jean Paul II, est déjà un succès de librairie.

Le roman d'Alice Zeniter, "L'art de perdre", récit puissant sur les non-dits de la guerre d'Algérie, raconte le destin d'une famille française, dont le grand-père fut harki. Il a déjà été récompensé par le Prix des libraires de Nancy, le prix littéraire du journal Le Monde et le prix Landerneau des lecteurs. La jeune romancière, finaliste comme Véronique Olmi du prix Femina, fait partie des auteurs de la rentrée dont le livre se vend bien en librairie.

Yannick Haenel, qui a manqué d'une voix le Grand prix du roman de l'Académie française pour son roman déjanté, où l'on croise le cinéaste Michael Cimino, la déesse Diane et un maître d'hôtel sosie d'Emmanuel Macron, est également finaliste du Médicis, qui sera attribué jeudi. 

Éric Vuillard est le seul à ne pas avoir été publié à la rentrée. Sorti au printemps, son court récit retrace de façon saisissante l'arrivée au pouvoir d'Hitler, raconte l'Anschluss et dissèque le soutien sans faille des industriels allemands à la machine de guerre nazie.

Le prix Goncourt est doté d'un chèque de dix euros mais l'enjeu est autrement plus important. Un roman primé s'écoule, selon les cas, de 200.000 à 500.000 exemplaires.

Le Renaudot a choisi cinq finalistes

Les finalistes sont : l'écrivain (et peintre) marocain Mahi Binebine ("Le fou du roi", Stock), Olivier Guez ("La disparition de Josef Mengele", Grasset), le primo-romancier David Lopez ("Fief", Seuil), Patricia Reznikov ("Le songe du photographe", Albin Michel) et Anne-Sophie Stefanini ("Nos années rouges", Gallimard).