La comédienne Isabelle Carré lauréate du grand prix RTL/Lire pour son 1er roman "Les rêveurs"

Mis à jour le 15/03/2018 à 10H29, publié le 15/03/2018 à 10H28
La comédienne Isabelle Carré en 2017

La comédienne Isabelle Carré en 2017

© ERIC DESSSONS/JDD/SIPA

Isabelle Carré a remporté jeudi le Grand prix RTL/Lire pour son premier roman, "Les rêveurs", texte autobiographique, parfois burlesque, souvent douloureux, sur son enfance dans les années 1970. La comédienne âgée de 46 ans raconte, au fil de courts chapitres, la rencontre de ses parents, son enfance, sa jeunesse... Elle y mêle vrais souvenirs et rêveries.

Publié en janvier chez Grasset, "Les rêveurs" s'est déjà vendu à plus de 60.000 exemplaires constituant l'un des plus gros succès littéraires de la rentrée. Le prix sera remis à la comédienne dans la soirée à l'occasion de l'inauguration du Salon Livre Paris qui ouvre ses portes au public vendredi. 
Les Rêveurs d'Isabelle Carré (Grasset)

Les Rêveurs d'Isabelle Carré (Grasset)

Une chronique familiale douce-amère

Écrit le plus souvent à la première personne du singulier (la comédienne utilise la troisième pour décrire les événements auxquels elle n'a pas assisté), le roman se lit comme une chronique familiale douce-amère dans la France post soixante-huitarde. La comédienne âgée de 46 ans raconte, au fil de courts chapitres, la rencontre de ses parents, son enfance, sa jeunesse... Elle y mêle vrais souvenirs et rêveries. 

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La mère, psychologiquement fragile, est "le vilain petit canard" d'une famille d'aristocrates plutôt conservatrice, le père, issu d'une famille de cheminots, tente, en vain, de dissimuler son homosexualité. Isabelle Carré raconte sa tentative de suicide, à 14 ans, et son internement dans le service psychiatrique de l'hôpital des enfants malades. Elle est déchirante lorsqu'elle évoque l'incarcération de son père et ses visites au parloir...

Dans un des ultimes chapitres, "La partie émergée de l'iceberg" la comédienne donne quelques clefs à ses lecteurs. "J'ai l'habitude avec les journalistes, écrit-elle, d'être toujours associée à deux qualités : discrète et lumineuse!". "Comment suis-je passée si facilement entre les mailles du filet?", s'interroge-t-elle en faisant remarquer : "Je suis une actrice connue, que personne ne connaît". Son récit d'enfance, "la partie émergée", "donne seulement l'idée de l'énormité silencieuse qu'on ne verra jamais", dit-elle.

Dans sa page de remerciements, l'interprète du film de Zabou Breitman "Se souvenir des belles choses" (2002) indique avoir participé à un atelier d'écriture animé par Philippe Djian pour entamer son travail d'écrivain. Auparavant, elle noircisssait des cahiers dont elle donne à lire quelques extraits. Dans un de ces premiers cahiers, rédigé lorsqu'elle avait "onze ou douze ans", Isabelle Carré note : "plus j'écris, plus j'ai à écrire".

En 2017, le Grand prix RTL/Lire avait été attribué à Tanguy Viel pour "Article 353 du code pénal" (Minuit).