"Le diable en personne", polar glaçant et politique de Peter Farris

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Mis à jour le 09/11/2017 à 18H29, publié le 09/11/2017 à 18H13
Peter Farris, romancier, auteur de "Le diable en personne" (Gallmeister)

Peter Farris, romancier, auteur de "Le diable en personne" (Gallmeister)

© William Hamilton

Le dernier roman de Peter Farris "Le diable en personne" (Gallmeister) raconte les mésaventures (le mot est faible) de Maya, une jeune fille embringuée dans vaste trafic de prostituées, qui échappe miraculeusement à un assassinat. Un polar haletant, qui pointe aussi les dérives d'une société américaine dominée par les rapports de force et la violence.

L'histoire : le livre s'ouvre dans l'obscurité d'un coffre de voiture verrouillé. Dedans, Maya, ligotée, étourdie, se réveille. Elle a beau s'égosiller, taper des pieds, rien n'y fait, la voiture continue à rouler, sourde à ses injonctions, jusqu'à ce qu'elle s'arrête, et que les deux hommes qui la conduisent s'occupent d'elle…

Comment Maya s'est-elle retrouvée au fond de ce coffre ? Tout a commencé quand la jeune fille, à peine 18 ans, est embarquée dans un réseau de prostitution, avant de devenir la "favorite" du maire de la ville. Une position qui la met en présence d'informations peu reluisantes et compromettantes pour le maire et ses sbires…

"Les gens normaux"

Le roman de Peter Farris est une machine à frissons, où tous les ingrédients du thriller sont magistralement déployés : perversions sexuelles, corruption dans les plus hautes sphères de la société, hypocrisie, un vrai méchant en costume cravate et ses hommes de main, bien moches comme il faut … Et au milieu de tout cela, une jeune fille qui tente de sauver sa peau, et un vieux paysan un peu cinglé et violent (mais au cœur pur), qui, justicier, va tenter de la sauver.

"Maya réalisa que c'étaient toujours les "normaux" qui représentaient le plus grand danger, des nantis qui régnaient sur l'univers avec cette idée perverse que tout leur était dû", lit-on au début de ce sombre roman, qui  sonne désespérément juste dans une actualité marquée par les différents scandales sexuels qui ont secoué Hollywood et à sa suite les milieux économiques et politiques. 
"Le diable en personne", Peter Farris, couverture
"Le diable en personne", de Peter Farris, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anatole Pons
(Gallmeister - 262 pages - 20,50 €)