"Dark secrets" : les orfèvres suédois du polar ont encore frappé !

Par @Culturebox
Publié le 16/12/2013 à 15H32
La forêt suédoise

La forêt suédoise

© CHRISTOPHE SIDAMON-PESSON / BIOSPHOTO

Et si pour les fêtes, vous (re) preniez la direction de la Suède pour un nouveau thriller glacé ? "Dark Secrets" est le premier tome d'une trilogie déjà traduite en 23 langues. Ses auteurs Michael Hjorth et et Hans Rosenfeldt ont été repérés par l’éditeur suédois de "Millenium".

On a aimé ce livre sans demi-mesure. Du début à la fin. Et c’est devenu si rare que cela mérite l’enthousiasme ! D’abord, on entre dans l’histoire de manière sensorielle, dès la première page. Happé par l’atmosphère du nord : l’obscurité de la nuit au cœur de la Suède rurale, les odeurs de forêts et d’étendues marécageuses, la description du silence entrecoupé simplement par le bruit trainant d’un corps qu’on tire. Le goût et l’odeur du sang, ferreux. Et puis la sensation du froid piquant de l’hiver, la caresse du brouillard, la morsure du verglas.

Dark Secrets est l’histoire d’un homme qui n’est pas un meurtrier, mais qui est coupable. L’histoire d’un tueur qui n’assume pas. La chronique ordinaire d’hommes et de femmes à la vie de couple morose, à la sexualité pas très nette, aux origines obscures, aux relations professionnelles complexes… et aux souvenirs de famille douloureux.

Coeur arraché

Au cœur de tout, un jeune adolescent de seize ans, retrouvé immergé dans une mare, le cœur arraché. Et un psychologue névrosé, insupportable, mais attachant et diablement doué. L’enquête peine à se mettre en route, patine, piétine, puis progresse peu à peu avec l’arrivée dans la petite ville de Västeras des plus fins limiers de la police criminelle suédoise. De piste en piste, des confidences se font, des choses enfouies ressurgissent, souvent peu avouables, des liens se tissent et se défont presqu’aussitôt.

A chaque nouvelle avancée, ce qu’on tenait pour acquis s’écroule. Les certitudes se révèlent être des contresens, les masques tombent, les bourdes s’enchaînent. Il y a le « mentalist », le benêt de service, la nymphomane, le patron ténébreux, la rousse incendiaire, le dragueur fou et le geek surdoué… Mais pas de cliché pour autant, car tout est bien dosé, les descriptions comme le suspens, les instants d’accalmie comme les emballements de l’intrigue.

Bref, un petit bijou écrit à quatre mains par Hjorth & Rosenfeldt, qui se lit d’une traite et fait partie de ces polars, peu nombreux, dont on aimerait qu’ils n’aient jamais de fin. Preuve de ce que l’on avance : l’auteur de ces lignes, absorbée par Dark Secrets, a successivement : raté sa station de métro, embouti deux passantes, fait cramer son diner et couler un bain froid ! Mais cela en valait la peine : on ne s’était pas régalé comme ça avec de la littérature suédoise depuis la Trilogie des Millenium, de Stieg Larson.
Dark Secrets
Dark Secrets de Michael Hjorth et et Hans Rosenfeldt (Editions Prisma)
456 pages - 20,95 euros