Edouard Philippe et le personnel de France Ô rendent hommage à Aimé Césaire, disparu il y a 10 ans

Publié le 17/04/2018 à 16H08
Aimé Césaire, posant en 2003 dans la mairie de Fort de France 

Aimé Césaire, posant en 2003 dans la mairie de Fort de France 

© SILVER SIMPHOR / AFP

Le Premier ministre Edouard Philippe et la ministre des Outre-mer Annick Girardin ont rendu hommage mardi au poète, dramaturge et homme politique martiniquais Aimé Césaire, disparu il y a 10 ans. Ce soir mardi 17 avril, le personnel de France Ô et de France Télévisions liront les poèmes de ce chantre de la "négritude".

"Immense poète, homme de combats, Aimé Césaire a donné une voix universelle à l'histoire des Antilles, à la traite négrière, à l'esclavage et à la Martinique", a salué dans un tweet le Premier ministre.

"Dix ans après sa mort, ses mots résonnent toujours avec autant de force", a-t-il poursuivi, avec une photo de lui déposant un bouquet de fleurs sur la tombe de l'écrivain et une citation du dramaturge: "ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir".

"Dix ans après sa mort, c'est la mémoire d'un géant que nous honorons"

Dans une tribune publiée mardi dans France Antilles, Annick Girardin a rendu hommage à l'héritage intellectuel, culturel et politique d'Aimé Césaire, "une puissante leçon d'humanisme et d'universalisme". "Dix ans après sa mort, c'est la mémoire d'un géant que nous honorons", assure la ministre. "Son combat inlassable pour les opprimés et pour la République s'inscrit dans l'esprit du 27 avril 1848", jour d'abolition de l'esclavage, souligne Mme Girardin.

"La figure d'Aimé Césaire (...) est un profond motif de fierté pour tous les Martiniquais, tous les ultramarins, tous les Français", insiste la ministre, qui rappelle qu'il a été "le principal inspirateur, avec Senghor, de la 'négritude', ce courant d'émancipation contre l'acculturation et l'assimilation forcée", et qu'il a combattu "le colonialisme sous toutes ses formes".

Elle salue aussi "le dépassement de soi, l'altruisme, le désintéressement, la lutte acharnée pour l'émancipation des opprimés au sein de la République", de l'homme. "Tous ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui à la Mairie de Fort-de-France me témoignent encore de son engagement quotidien pour les déshérités, les démunis, les délaissés".

Des lectures par le personnel de France Ô pour honorer la mémoire du poète

Un hommage lui a été rendu lundi soir au ministère de la Culture, et un autre le sera mardi soir à l'Assemblée nationale, avec une représentation du "Cahier d'un retour au pays natal", mis en scène et interprété par l'acteur et metteur en scène Jacques Martial. Aimé Césaire est mort le 17 avril 2008, à l'âge de 95 ans.

"Cesaire, scène ouverte", c'est ainsi que ce mardi 17 avril, les personnels de France Ô et de France Télévisions commémoreront la mémoire du poète. "Quarante lecteurs et lectrices anonymes prêteront leur voix à des poèmes choisis pour cette soirée exceptionnelle", précise Christian Tortel, grand reporter à France Ô (de 18h30 à 20h30, à France Ô, 35 rue Danton, Malakoff).

Le 6 avril 2011, la France lui a rendu un hommage solennel, en gravant son nom dans la crypte du Panthéon. Sa dépouille est restée en Martinique, conformément à sa volonté.