Nobel de littérature 2013 : les auteurs les plus cités

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/10/2013 à 10H18, publié le 08/10/2013 à 10H12
Les médias rassemblés dans la salle de la Bourse de l'Académie Nobel à Stockholm où sont annoncés chaque année les Prix Nobel

Les médias rassemblés dans la salle de la Bourse de l'Académie Nobel à Stockholm où sont annoncés chaque année les Prix Nobel

© JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Le secrétaire perpétuel de l'Académie suédoise annoncera jeudi le nom du lauréat du prix Nobel 2013 de littérature qui pourrait être Murakami ou Joyce Carol Oates. Cependant, les experts voient une femme récompensée cette année, citant l'écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch ou la romancière algérienne Assia Djebar, mais aucun favori n'apparaît avec évidence.

Les délibérations du jury des sages de l'Académie suédoise sont impénétrables. Elles seront rendues publiques dans 50 ans. À peine sait-on que 195 auteurs ont été nominés, dont 48 pour la première fois, a expliqué la Fondation Nobel.
"Ces quinze dernières années, l'Académie a (...) exploré les questions de la qualité littéraire, de l'évolution de la littérature et de sa place dans un contexte historique. C'est un travail fascinant", constate auprès de l'AFP la journaliste culturelle, rédactrice en chef de Hälsingetidningar, Gunilla Kindstrand. "Pour eux, peu importe que le lauréat soit ou non connu", poursuit-elle. L'éditeur suédois Svante Weyler estime que "l'Académie prend un certain plaisir à surprendre, à agir de manière un peu irrationnelle".
Pourtant, selon lui, après l'attribution du Nobel au Chinois Mo Yan en 2012, deux choix s'offrent à elle cette année. Soit elle récompense quelqu'un qui ne peut être soupçonné de faire de la politique, soit un auteur engagé politiquement, mais sans que cet engagement puisse faire l'objet d'une controverse dans le monde occidental. "Svetlana Alexievitch est un choix parfait", conclut-il.
L'écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch

L'écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch

© MARGARITA KABAKOVA / AFP
Son opinion est partagée par le rédacteur en chef des pages culturelles du quotidien Dagens Nyheter, Björn Wiman. "L'Académie aurait dû récompenser plus tôt des reporters littéraires de la classe de Ryszard Kapuscinski" (Polonais décédé en 2007), estime-t-il. "Alexievitch est un auteur documentaire (...) qui écrit des reportages polyphoniques d'un excellent niveau".
"Je crois très fort que ça sera une femme cette année", affirme-t-il, reconnaissant toutefois que ses prédictions se sont avérées justes une seule fois. Seules 12 femmes ont été récompensées depuis 1901. Assia Djebar et la Canadienne Alice Munro, auteure de nouvelles, un genre qui n'a jamais été récompensé par le Nobel, sont ses autres favorites.
Les noms des poètes Ko Un (Corée du Sud) et Adonis (Syrie) et des romanciers Philip Roth (Etats-Unis) et Ismaïl Kadaré (Albanie) reviennent aussi avec insistance.
Philip Roth le 22 octobre 2012 à New York

Philip Roth le 22 octobre 2012 à New York

© EFE / Miguel Rajmil / MaxPPP
Sur le site des paris en ligne Ladbrokes, le Japonais Haruki Murakami est en tête devant l'Américaine Joyce Carol Oates, le Hongrois Peter Nadas et le Norvégien Jon Fosse, dont les noms circulent depuis plusieurs années. Murakami, dont les oeuvres ont été traduites dans une quarantaine de langues, est révéré dans le monde entier pour ses histoires finement ouvragées, souvent fantastiques, sur l'absurdité et la solitude de la vie moderne, sur fond de pop culture.
L'écrivain japonais Haruki Murakami

L'écrivain japonais Haruki Murakami

© THIEL CHRISTIAN/SIPA
Pour les élèves de Rinkebyskolan, un collège d'un quartier défavorisé de Stockholm qui reçoit chaque année le lauréat du Nobel de littérature, ce dernier "n'a pas besoin d'avoir écrit beaucoup de livres". "Ces livres doivent être très bons, c'est-à-dire intéressants, sources d'inspiration, et ils doivent motiver les gens à faire quelque chose de bien pour l'humanité", considèrent-ils.
Le mystère sera levé jeudi. Pour M. Weyler, l'âge élevé du vainqueur est la seule chose qui ne fait aucun doute. "En littérature, on est rarement très bon avant d'être vieux (...), c'est le contraire des mathématiques, où l'on fait toutes ses découvertes avant d'avoir 25 ans", s'amuse-t-il. Et le poète suédois Tomas Tranströmer, primé en 2011 à 80 ans, de conclure que "pour la plupart des écrivains, le prix Nobel est très lointain. Même si les prix littéraires peuvent être stimulants pour un auteur, ce sont d'autres forces qui motivent une oeuvre".
Le lauréat recevra son prix à Stockholm le 10 décembre, jour anniversaire de la mort de l'inventeur du prix, l'industriel et philanthrope suédois Alfred Nobel. Le prix est doté d'un montant de 8 millions de couronnes suédoises (environ 925.000 euros).