Ne dites plus "nègre littéraire", mais "prête-plume" ou "écrivain fantôme"

Par @Culturebox
Publié le 19/11/2017 à 14H29
Nègre littéraire - Prête-plume © Culturebox - capture d'écran

Dans un communiqué publié cette semaine, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, interpellée par le Conseil Représentatif des Associations Noires, reconnaît que cette expression est inappropriée et recommande aux médias et aux professionnels de l’édition de ne plus l’utiliser.

"Est-ce que vous proposez des services de nègre ?" À la tête d’une agence de conseil littéraire, Nelly Buffon a été confrontée à maintes reprises à cette question. Une expression raciste et choquante pour elle, d’origine antillaise, qui décide alors de lancer une pétition sur internet pour obtenir son interdiction. Pétition qui a recueilli plus de 20.000 signatures.

Dans son texte, elle précise que cette expression, employée depuis le milieu du XVIIIe siècle, fait clairement référence aux anciens esclaves des colonies françaises qui travaillaient sans relâche pour la prospérité de leurs maîtres. Alors qu’auparavant, le monde littéraire utilisait "plume", "prête-plume" ou encore "écrivain à gage".

Reportage :  N. Lemarignier / L. Hakim / J. Duboz / P. Fremont

https://videos.francetv.fr/video/NI_1124847@Culture

Soutenue par le CRAN

Dans sa démarche, Nelly Buffon est allée solliciter l’aide du Conseil Représentatif des Associations Noires, qui avait déjà fait débaptiser des bonbons ou pâtisseries appelés "Tête de nègre" ou "Bamboula", ou plus récemment le célèbre cabaret "Le Bal Nègre" à Paris.

Pour le président du CRAN, Louis-Georges Tin, qui a interpellé la ministre de la Culture, il est temps que l’on décolonise la langue française, et que l’on supprime toutes ces expressions racistes.

A l’heure où la France débat de la nécessité de lutter contre le sexisme dans le langage, le Cran rappelle qu’il faut pareillement éradiquer le racisme dont le langage est malgré nous le vecteur. Il y a quelques semaines, le Cran menait bataille contre les statues colonialistes, il faut aussi lutter contre les mots colonialistes, qui finissent par formater et gangrener les esprits.

Louis-Georges Tin, président du Conseil Représentatif des Associations Noires.