Le fonds d'Emile Zola photographe aux enchères lundi chez Artcurial à Paris

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/12/2017 à 10H05, publié le 26/11/2017 à 14H39
Autoportraits d''Émile Zola à la vente le 4 décembre 2017 chez Artcurial

Autoportraits d''Émile Zola à la vente le 4 décembre 2017 chez Artcurial

© Zola/Circa 1895-1900

Lorsqu'il découvre la photographie en 1894, Zola a 54 ans. Elle ne le quittera plus jusqu'à sa mort en 1902. Dix appareils, trois laboratoires : Emile Zola fut un passionné de photo, comme en témoigne le fonds de l'écrivain mis en vente le 4 décembre à Paris chez Artcurial. Que photographie l'écrivain ? D'abord sa famille, ses enfants et ses amis, ainsi que le monde qui l'entoure.

Il aurait laissé 7.000 plaques. 2.000 seulement nous sont parvenues. La quasi-totalité d'entre elles sera vendue en un lot lors de la vente (estimation 40.000 - 60.000 euros) chez Artcurial. Ces pièces proviennent de la collection de son petit-fils, le docteur François Emile-Zola.

Zola est un passionné de la technique photographique : il développe ses négatifs et tire ses épreuves lui même, et a laissé de nombreuses notes. Plusieurs de ses appareils photo seront mis aux enchères, dont un "Folding Eastman Kodak Cartridge" (1898 - 1901) dans son étui d'origine.  

"Chaque homme devrait avoir un violon d'Ingres et je confesse mon extrême passion pour le mien", dit l'écrivain dans un entretien en 1900. Que photographie Zola ? d'abord sa famille, ses enfants, ses amis aussi. La photo entre dans son existence à un moment particulier. L'auteur de "Nana" a une double vie, entre sa femme Alexandrine, dont il n'a pas eu d'enfant, et sa maîtresse Jeanne, qui lui a donné un fils et une fille. Une situation qu'il vit douloureusement. 

Sa famille, ses voyages, ce qui l'entoure 

Jeanne est son modèle favori : vingt-neuf épreuves sur papier de la jeune femme seront vendues (estimation 1.000 - 1.500 euros). De son fils Jacques, Zola fait une série de 90 portraits qui sont reliés en un album (6.000 - 8.000 euros). 

Certaines de ses images sont étonnamment modernes comme celle de ses enfants courant vers l'objectif dans le jardin de sa maison de Verneuil. Mais l'auteur des Rougon-Macquart, fresque romanesque en vingt volumes dépeignant la société française sous le Second Empire, s'intéresse aussi au monde qui l'entoure et à ses transformations. En cette fin de siècle, il capte le Paris hausmannien, ses boulevards et ses grands magasins, documente l'exposition universelle de 1900 et la construction de la Tour Eiffel (232 épreuves sur papier citrate d'époque, estimation 2.000 - 3.000 euros).

L'auteur de "J'accuse... !", article publié dans le journal l'Aurore le 13 janvier 1898, pratique aussi la photo pendant ses voyages, notamment celui en Italie, et pendant ses onze mois d'exil à Londres après sa condamnation dans l'affaire Dreyfus.