Rentrée littéraire 2018 : une chambre d'écho des troubles du monde ?

Par @Culturebox
Publié le 04/09/2018 à 13H09
381 romans français paraissent dans la rentrée de septembre 2018

381 romans français paraissent dans la rentrée de septembre 2018

© Maria Fuchs / Getty images

Souvenirs de la Grande guerre et de conflits plus récents, stigmates du terrorisme, violence sociale... les romans français de la rentrée littéraire 2018 sont nombreux à se font l'écho des tourments contemporains.

Un total de 567 titres dont 381 ouvrages francophones auront pris place en librairie d'ici la mi-octobre, selon un décompte de Livres Hebdo. Nombre de romans de cette grande pile sont placés sous le signe des tourments du monde. Tour d'horizon. 
1
A son image" Jérôme Ferrari (Actes Sud)
"A son image" (Actes Sud), magnifique roman du lauréat du prix Goncourt 2012, Jérôme Ferrari. Le romancier, âgé de 50 ans, évoque à travers le destin tragique d'une photographe (chaque chapitre correspond aux différentes étapes de la messe de ses funérailles), la guerre civile dans l'ex-Yougoslavie, les impasses du nationalisme corse et notre rapport ambigu aux images. 
L'écrivain Jérôme Ferrari

L'écrivain Jérôme Ferrari

© DR
2
"Le Guetteur", Christophe Boltanski (Stock)
Lauréat du Femina en 2015, Christophe Boltanski, 56 ans, est de retour avec "Le Guetteur" (Stock), un roman familial sur le passé de sa mère qui se lit comme un polar. L'auteur découvrira au fil de son enquête comment des Européens se sont engagés aux côtés des indépendantistes du FLN durant la guerre d'Algérie.
Couverture  "Le guetteur", de Christophe Boltanski (Stock)
3
"Chien-loup", Serge Joncour (Flammarion)
Serge Joncour, 56 ans, a choisi d'évoquer la Première guerre mondiale avec son mystérieux "Chien-loup" (Flammarion). C'est également le cas de David Diop, 52 ans, qui rappelle l'engagement des tirailleurs sénégalais dans "Frère d'âme" (Seuil).
4
"Le train d'Erlingen", Boualem Sensal (Gallimard)
L'auteur algérien Boualem Sansal, 68 ans, met de nouveau en garde contre le fondamentalisme religieux dans "Le train d'Erlingen" (Gallimard), roman kafkaïen terrifiant.
5
"Khalil", Yasmina Khadra (Julliard)
Après s'être mis dans la tête de Kadhafi au moment de sa chute ("La dernière nuit du Raïs", 2015), Yasmina Khadra, 63 ans, a choisi de se mettre dans la peau d'un jeune kamikaze islamiste dans "Khalil" (Julliard).
6
"En guerre", François Bégaudeau (Verticales)
François Bégaudeau, 47 ans, a écrit un des romans les plus décapants de la rentrée. "En guerre" (Verticales) raconte la relation impossible entre une ouvrière et un jeune haut-fonctionnaire. Bégaudeau ne goûte pas les romans à l'eau de rose et laisse à d'autres les histoires de prince et de bergère qui finissent avec beaucoup d'enfants.
7
"Le paradoxe d'Anderson", Pascal Manoukian (Seuil)
Ancien patron de Capa, Pascal Manoukian, 63 ans, évoque lui aussi la crise sociale dans "Le paradoxe d'Anderson" (Seuil) qui raconte les conséquences dramatiques d'un licenciement dans une famille française.
8
"L'hiver du mécontentement", Thomas B. Reverdy (Flammarion)
Thomas B. Reverdy, 44 ans, raconte l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher dans "L'hiver du mécontentement" (Flammarion), un roman aussi ébouriffant qu'un titre des Sex Pistols.
9
"Les cigognes sont immortelles", Alain Mabanckou (Seuil)
Couverture "Les cigognes sont immortelles", Alain Mabanckou (Seuil, 2018)
Présenté comme un des auteurs à suivre pour les prix d'automne, Alain Mabanckou, 52 ans, évoque avec une fausse naïveté son enfance à Pointe-Noire et les remous de la politique au Congo, dans "Les cigognes sont immortelles" (Seuil). 
10
Nathalie Léger "La robe blanche" et Bertrand Schefer "Série noire" (POL)
Ces deux auteurs publiés chez POL traitent avec brio deux faits-divers : l'assassinat sordide de l'artiste Pippa Bacca et l'enlèvement d'un enfant.