Coup double : Pauline Delabroy-Allard prix des Libraires et prix Envoyé par la poste pour "Ça raconte Sarah"

Publié le 30/08/2018 à 14H44
Pauline Delabroy-Allard, romancière, publie "Ça raconte Sarah" (Minuit, 2018)

Pauline Delabroy-Allard, romancière, publie "Ça raconte Sarah" (Minuit, 2018)

© Delphine Chanet

La primo-romancière Pauline Delabroy-Allard a remporté jeudi le convoité prix des libraires de Nancy et le prix Envoyé par La Poste pour "Ça raconte Sarah" (Minuit), une histoire d'amour incandescente et tragique entre deux femmes.

Le prix des libraires de Nancy/Le Point sera remis à la romancière âgée de 30 ans le 9 septembre à l'occasion du Livre sur la Place à Nancy, première grande manifestation de la rentrée littéraire. La jeune auteure est aussi lauréate du prix Envoyé par La Poste qui récompense un premier roman au cours d'une cérémonie organisée jeudi soir à Paris.

Le prix des libraires de Nancy a prédit trois fois d'affilée le futur Goncourt. Cela a été le cas en 2013 avec Pierre Lemaitre pour "Au revoir là-haut" (Albin Michel), en 2014 avec Lydie Salvayre pour "Pas pleurer" (Seuil) et en 2015 avec Mathias Enard pour "Boussole" (Actes Sud).

L'an dernier, le prix avait été attribué à Alice Zeniter lauréate ensuite du prix Landerneau des lecteurs et du Goncourt des lycéens pour son roman "L'art de perdre" (Flammarion).

Passion étourdissante entre deux femmes

"Ça raconte Sarah" est le récit d'une passion amoureuse étourdissante entre deux femmes. La narratrice, femme plutôt réservée, prof dans un lycée (comme l'auteure) et mère d'une petite fille, rencontre au cours d'une fête de Nouvel An Sarah, musicienne extravertie qui "parle mal", "fait trop de bruit", "se maquille trop"...
Couverture de "Ça raconte Sarah", Pauline Delabroy-Allard (Minuit)


Pourtant, entre ces deux-là, le courant passe. Elles vont s'aimer de façon enflammée, vivre un amour fou. Quoi de plus banal qu'une histoire d'amour en littérature? Pauline Delabroy-Allard transcende le genre grâce à une maîtrise du style qui laisse le lecteur pantois. Le récit est composé de chapitres courts, parfois une simple phrase. On lit le livre comme on écoute un concerto, subjugué par ces différents mouvements. Une phrase du roman pourrait résumer le livre: "l'amour avec une femme : une tempête".

La vitalité des premiers romans

Le roman est divisé en deux parties. Il y a le temps de l'exaltation et de la sensualité. L'amour brûle. Il y a le temps de sa perte et du deuil. L'amour rend fou. Privée de Sarah, la narratrice part à Milan puis Trieste, ville entre deux mondes, pour tenter non pas d'oublier son amour mais d'essayer de vivre sans "Sarah la fougue, Sarah la passion, Sarah le soufre". Mais peut-on survivre à un tel amour?

Les deux prix remportés jeudi par Pauline Delabroy-Allard, et le prix du roman Fnac dont les finalistes sont quatre primo-romancières confirment la vitalité des premiers romans à l'occasion de cette rentrée littéraire. Un total de 94 premiers romans sont attendus d'ici la mi-octobre en librairies. Selon le décompte du magazine professionnel Livres Hebdo, il n'y a jamais eu autant de premiers romans français publiés depuis 2007.