Estelle-Sarah Bulle lauréate du prix Stanislas du premier roman

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 28/08/2018 à 18H03, publié le 28/08/2018 à 17H50
Estelle-Sarah Bulle en 2018

Estelle-Sarah Bulle en 2018

© Ulf Andersen / Aurimages / Ulf Andersen / Aurimages

La primo-romancière Estelle-Sarah Bulle a reçu mardi le prix Stanislas du premier roman pour son livre "Là où les chiens aboient par la queue" (Liana Levi), récit porté par une langue enchanteresse, où se mêlent français et créole, sur l'exil des Guadeloupéens en métropole.

Ce prix, doté de 3.000 euros, sera remis à la romancière âgée de 44 ans, le 8 septembre à l'occasion du Livre sur la Place à Nancy, première grande manifestation de la rentrée littéraire. 
 
Estelle-Sarah Bulle, en lice également pour le prix du roman Fnac, a été choisie au 3e tour par 8 voix contre 4 à Pauline Delabroy-Allard pour "Ça raconte Sarah" (Minuit). Le jury composé de journalistes et critiques littéraires était présidé cette année par Leila Slimani.
 
"Là où les chiens aboient par la queue", sorti en librairie le 23 août, raconte l'histoire entrelacée de la famille Ezechiel et de la Guadeloupe dans les années 1950 et 1960 puis les réalités douces-amères de l'exil en métropole dans les décennies 1970-2000. 
Estelle-Sarah Bulle - Là où les chiens aboient par la queue

Une jeune trentenaire, née en métropole, se fait raconter un pays qu'elle ne connaît pas ou si peu par une tante septuagénaire, "gentille sorcière", prénommée Antoine et aînée d'une famille de trois enfants dont la mère, disparue prématurément, était issue d'une lignée de "Blancs-Matignons", des Bretons venus s'établir en Guadeloupe au XVIIIe siècle pour échapper à la famine.

Au fil des chapitres, Estelle-Sarah Bulle, née à Créteil en 1974 d'un père guadeloupéen et d'une mère franco-belge, nous entraîne dans une histoire largement méconnue, celle de Français, immigrés de l'intérieur, confrontés au racisme, qui s'étonnent de ne voir aucun Noir à la télévision à part "de temps en temps" quelques écrivains et sportifs noirs. "Au cours des années quatre-vingt-dix, lors de ma scolarité dans de grandes écoles, je n'ai plus côtoyé aucun étudiant ultramarin", déplore la narratrice.

"Les Antillais sont devenus aussi nombreux en métropole que dans les îles", constate Antoine à la fin de son récit. "Certains vont garder le sens du pays, d'autres seront comme des rochers lavés par l'eau et le sel, sans mémoire". Et la vieille dame d'ajouter avec malice: "Nous les Antillais, nous avons toujours su nous adapter pas vrai?".