300 auteurs attendus à la 36e Foire du Livre de Brive vendredi

Par @Culturebox
Publié le 08/11/2017 à 12H04
36e Foire du Livre de Brive : l'affiche (détail)

36e Foire du Livre de Brive : l'affiche (détail)

© DR

Quelque 300 auteurs, dont deux prix de la rentrée littéraires 2017, sont attendus à partir de vendredi à la 36e Foire du Livre de Brive, devenu le passage obligé corrézien du gotha de l'édition.

"Pâte humaine"

Cette année, les organisateurs ont donné carte blanche à l'écrivain et homme de théâtre, Laurent Gaudé. "Parler de notre époque, des hommes, plonger dans l'Histoire et explorer la pâte humaine, c'est ainsi que j'aime mon métier d'écrire", explique-t-il en présentant ses choix, programmés avant l'annonce des prix. Le 6 novembre, les jurys Goncourt et Renaudot ont conforté sa programmation, en faisant une large place à l'Histoire, singulièrement celle de l'Allemagne nazie.
L''écrivain Laurent Gaudé (2017)

L''écrivain Laurent Gaudé (2017)

© JOEL SAGET / AFP
Brive déroule cette année le tapis rouge à Eric Vuillard, Goncourt 2017 pour "L'ordre du jour" (Actes Sud), une immersion saisissante dans les coulisses de l'Anschluss, qui sera le prétexte à une prise de parole de l'auteur sur la "construction du récit historique".

"La disparition de Josef Mengele" (Grasset) d'Olivier Guez, primé de son côté par le jury Renaudot, raconte la sinistre cavale du médecin tortionnaire nazi en Amérique du Sud. L'auteur interviendra, lui, sur le thème de "la mémoire".

Pré-sélectionné mais candidat malheureux aux Goncourt et Renaudot, Philippe Jaenada défendra à Brive, pour la maison Julliard, son genre de prédilection, le fait divers romancé. "La serpe", son dernier roman, rouvre l'affaire Henri Girard qui défraya la chronique sous l'Occupation. Henri Girard alias Georges Arnaud - qui publia en 1950 "Le salaire de la peur", également chez Julliard - fut soupçonné en 1941, d'un triple meurtre, au château familial d'Escoire (Dordogne).

Coupole, atelier, bouddhisme, science et Daech

Du 10 au 12 novembre, la Foire du Livre lève pour la première fois un coin du voile sur les travaux de l'Académie française. Danièle Sallenave, l'une des quatre "immortelles" siégeant aujourd'hui sous la Coupole - au fauteuil de Maurice Druon - racontera le parcours initiatique d'une candidature dans le Saint des Saints.

Autre innovation, Sorj Chalandon, écrivain journaliste multi-primé (Albert Londres 1988, Médicis 2006, grand prix du roman de l'Académie française 2011), anime un atelier d'écriture, avec obligation de suivi des travaux durant un trimestre.
L'écrivain et journaliste  Sorj Chalandon

© MARCELLO MENCARINI / Leemage
Dans la petite sous-préfecture corrézienne où sont attendus quelque 80.000 visiteurs, il sera aussi question de spiritualité. Matthieu Ricard, moine bouddhiste et traducteur officiel du Dalaï Lama, retracera "Un demi-siècle dans l'Himalaya" (La Martinière), journal autobiographique en images, sur les traces des grands maîtres du bouddhisme.

Cette année, science et littérature ne font qu'une, avec une tribune offerte au physicien Christophe Galfard, disciple du mathématicien Stephen Hawking, invité à donner les clés de lecture de son essai savant "E=mc2, L'équation de tous les possibles" (Flammarion).

Ancré dans l' actualité, le salon corrézien reçoit également le reporter de guerre Pascal Manoukian, pour son  témoignage romancé "Ce que tient ta main droite t'appartient" (Don Quichotte), une plongée glaçante au cœur de la machine de Daech.