L'écrivaine polonaise Olga Tokarczuk lauréate du Man Booker Prize 2018 pour "Les Pérégrins"

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox
Mis à jour le 23/05/2018 à 09H30, publié le 23/05/2018 à 09H28
L'écrivaine polonaise Olga Tokarczuk en 2015 à Paris

L'écrivaine polonaise Olga Tokarczuk en 2015 à Paris

© MARCELLO MENCARINI / Leemage

La Polonaise Olga Tokarczuk a remporté mardi le prix international Man-Booker, qui récompense les écrivains de fiction en anglais, pour son livre "Les Pérégrins". Le jury a souligné "l'imagination" et le "panache littéraire" de Tokarczuk, dont l'oeuvre a été traduite en anglais par Jennifer Croft.

Auteure et traductrice se partagent donc les 57.000 euros du prix pour un ouvrage sorti en 2010 pour sa version française. "Les Pérégrins" ("Flights" en anglais) est un carnet de voyages rassemblés en une myriade de textes courts pour composer un panorama coloré du nomadisme, où le voyage du coeur de Frédéric Chopin entre Varsovie et le Paris du XIXe côtoie les pérégrinations d'un chirurgien flamand du XVIIe, Philip Verheyen, qui a disséqué et dessiné sa propre jambe amputée.
"Les Pérégrins" de Olga Tokarczuk 

"Les Pérégrins" de Olga Tokarczuk 

Considérée comme la plus douée des romanciers de sa génération en Pologne, Olga Tokarczuk est, à 56 ans, l'auteure d'une douzaine d'ouvrages, traduits dans plus de 25 langues et portés sur scène ou à l'écran. Tokarczuk affiche une oeuvre extrêmement variée, qui va d'un conte philosophique, "Les Enfants verts" (2016), à un roman policier écologiste, engagé et métaphysique "Sur les ossements des morts" (2010), en passant par un roman historique de 900 pages, "Les livres de Jacob" (2014).

"Olga est une mystique à la recherche perpétuelle de la vérité, vérité qu'on peut atteindre uniquement en mouvement, en transgressant les frontières. Toutes les formes, institutions et langues figées c'est la mort", a expliqué une de ses amies, Kinga Dunin, elle aussi écrivaine et critique littéraire.

Dans son univers poétique, le rationnel se mêle à l'irrationnel. Son monde est en mouvement perpétuel, sans point fixe, avec des personnages dont les biographies et les caractères s'entremêlent et, à la manière d'un puzzle géant, créent un splendide tableau d'ensemble. Le tout décrit dans un langage à la fois riche, précis et poétique, attentif aux détails. Elle est lauréate de nombreux prix polonais et internationaux dont, à deux reprises, du plus prestigieux prix littéraire polonais, Nike. Cinq fois, elle a obtenu le prix des lecteurs de cette compétition, dont un pour sa dernière oeuvre, "Les livres de Jacob", qui retrace l'histoire méconnue des Frankistes, une secte messianique juive ayant absorbé des éléments chrétiens, née en Pologne dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.