La ligne claire, un air de nostalgie au salon du livre jeunesse de Montreuil

Mis à jour le 01/12/2018 à 19H33, publié le 01/12/2018 à 18H48
La ligne claire aujourd'hui

La ligne claire aujourd'hui

© France 3 Culturebox Capture d'écran

Au salon du livre jeunesse de Montreuil, la plus importante manifestation française du genre, la bande dessinée s'octroie une grande part des stands. Parmi les styles, la ligne claire, popularisée par Hergé, est toujours défendue par des dessinateurs contemporains. Pour les plus jeunes générations, elle représente souvent un style suranné, dépassé. Question de génération.

Contrairement à la légende, Hergé n'est pas l'inventeur de la ligne claire. Si le célèbre auteur de Tintin s'en est fait une spécialité avec ses confrères de l'école belge, le style n'était pas nouveau. Benjamin Rabier (Gédéon, ou encore "La vache qui rit") la pratiquait, mais Pinchon, avec Bécassine, et plus encore Alain Saint-Ogan, le père de Zig et Puce (et Alfred) ont sans doute influencé celui de Tintin. A l'étranger on la trouvait aussi dans les pages de Little Nemo de Winsor McCay. Mais le public a retenu le succès phénoménal des aventures de Tintin et, dans une moindre mesure de celles de Blake et Mortimer, de E.P. Jacobs.

Au résultat, ces deux auteurs belges ont raflé la mise. Aujourd'hui qui dit ligne claire, dit école belge. Au salon du livre jeunesse qui se tient à Montreuil et qui est la référence en ce domaine, on rencontre des auteurs-dessinateurs qui alimentent toujours le style de la ligne claire. Ils s'inscrivent dans une tradition dans laquelle certains jeunes lecteurs ne se reconnaissent plus.

Reportage : France 3 Paris Île-de-France O. Badin / M. Tafnil / A. Sfez

Mais qu'est-ce que la ligne claire ? 

Le style, qu'Hergé n'a jamais défini sous ce nom, tient en quelques règles simples. Chaque zone colorée est séparée de ses voisines par un trait noir d'épaisseur régulière. A l'intérieur de ces zones, la couleur est pure, l'ombre ou le relief en sont en général absents. Les personnages sont dénués d'ombre, mais les paysages et les éléments de la rue, comme les voitures, quant à eux, en possèdent une. Chaque image est entourée de la même ligne noire tout comme les phylactères systématiquement rectangulaires et rédigés en caractères minuscules. Les règles scénaristiques et de découpages sont elles-aussi très strictes, mais elles ne sont plus du domaine du dessin à srictement parler.