Foire du livre de Francfort : l'engouement des lecteurs d'outre-Rhin pour les auteurs d'outre-mer

Par @Culturebox
Publié le 16/10/2017 à 17H33
Des auteurs carabéens comme Lyonel Trouillot sont de plus en plus traduits en allemand

Des auteurs carabéens comme Lyonel Trouillot sont de plus en plus traduits en allemand

© France Ô / culturebox

Outre-Rhin, les lecteurs allemands aiment Michel Houellebecq, Astérix et Obélix, autant de personnages qui outre-passent les bornes et convenances. Outre-Rhin, on lit aussi les littératures d'outre-mer et spécialement des Caraibes.

Outre-Rhin aime-t-on les littératures d'outre-mer ? Nous sommes allés poser la question à Francfort, capitale mondiale des lettres, connue comme Ville de Foire et d'affaires depuis 1240. Réponse avec un traducteur et un universitaire qui seront nos guides.

Reportage : Christian Tortel, Jean-Pierre Magnaudet, Rael Moine, Bruno Jean-Baptiste

"Ici la population est très diverse explique Ralph Ludwig, universitaire. Sur le plan économique, c'est la ville du capital, mais aussi à ce niveau-là il y a un public international. Et puis il y a la population qui est très multi-culturelle"

Joie de la narration

On retrouve cette diversité aux éditions Litradukt qui publient la Guadeloupéenne Maryse Condé et nombre d'auteurs haïtiens, comme Gary Victor, Kettly Mars, Yanick Lahens et Lyonel Trouillot. Pour Peter Trier, traducteur, cela a été l'occasion de découvrir un nouvel univers, un imaginaire qu'il ne connaissait pas du tout comme "Le monde du vaudou". Ralph Ludwig aime "cette joie de la narration; l'absence de frontière entre l'oral et l'écrit et ce plaisr du rire"

À signaler la traduction récente chez Wunderhorn de "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer", de Dany Laferrière.

Des clés pour comprendre le monde d'aujourd'hui

Francfort est une bourse aux livres qui façonne le paysage littéraire des prochaines années. Ici un millier d'agents littéraires enchaînent les rendez-vous avec des éditeurs. Si le pitch est convaincant les droits seront achetés et le livre sera traduit. Pierre Astier est agent littéraire. A Francfort, il fait le constat suivant : "Quand on parle Caraïbes, cela suscite tout de suite l'intérêt. Il est plus facile d'intéresser des éditeurs nord-américains, anglais, italiens, espagnols, bref les pays qui savent ce qu'est le post-colonialisme et qui ont envie de fournir aux lecteurs de leur pays les clés de la compréhension du monde d'aujourd'hui".

Dans cette ruche, les éditeurs comme les agents viennent des cinq continents. Et les littératures des Caraïbes ne sont pas les plus mal placées dans le jeu de l'offre et de la demande, un jeu qui peut aller jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros pour un seul livre.