Serge Daney commémoré à la Cinémathèque

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 19/06/2012 à 15H41
Serge Daney

Serge Daney

© Vodeo

Vingt ans après. Serge Daney a laissé un regard critique sur le cinéma qui évoque l’impacte de celui de Jean-Louis Bory. Né en 1944, mort en 1992, Daney régénéra la critique de cinéma comme jamais depuis André Bazin. La cinémathèque française rend hommage à celui qui se disait "ciné fils" plutôt que cinéphile, avec programmation de films, spectacle et journées d’études du 20 juin au 5 août.

Vingt ans après. Serge Daney a laissé un regard critique sur le cinéma qui évoque l’impacte de celui de Jean-Louis Bory. Né en 1944, mort en 1992, Daney régénéra la critique de cinéma comme jamais depuis André Bazin. La cinémathèque française lui rend hommage, avec programmation de films, spectacle et journées d’études du 20 juin au 5 août.

Le critique de cinéma par Serge Toubiana :

Ville ouverte
De son parcours, Serge Daney disait : «  Né en 1944, deux jours avant le débarquement allié, j’avais l’âge de découvrir en même temps mon cinéma et mon histoire ». 1944 : année de la sortie en Italie de « Rome, ville ouverte » de Roberto Rossellini.

Fréquentant les cinémas de son quartier de la Bastille très jeune avec sa mère, son addiction précoce aux films devait le conduire vers une approche éclectique du cinéma, sans barrière entre cinéphilie « élitiste » et « populaire ». Ne compter toutefois pas sur lui pour critiquer un « Gendarme » avec De Funès, mais il est sensible au film de genre, le western et Hitchcock notamment.

Embastillé
En fait, Daney sortira rarement de sa Bastille. Après la création en 1962 de la revue Visage du cinéma, il entre Passage de la Boule Blanche aux Cahiers du Cinéma en 1964 et codirige le titre avec Serge Toubiana en 1973. Une époque où se joue dans la rédaction des enjeux politiques mal digérés et la volonté de s’en départir.

Serge Daney rejoint la rédaction de Libération en 1981, comme critique, en quittant Les Cahiers. La plus large diffusion de sa prose le rend proche d’un lectorat plus ouvert que la stricte cinéphilie des Cahiers. Parallèlement, il ne cesse de voyager, en Inde, Afrique, Japon, Maroc…, comme pour vérifier « sur quel fond d’absence au monde, la présence aux images du monde serait-elle plus tard requise ». En 1991, un an avant sa mort, il créé une nouvelle revue de cinéma, Trafic, titre référence au dernier film éponyme (1971) de Jacques Tati, revenant à ses origine de créateur de revue en 1962.

La programmation Serge Daney à la Cinémathèque :

Programme
Tous ses textes sont aujourd’hui réunis chez P.O.L., sous le titre générique « La Maison cinéma et le monde ». L’hommage de la Cinémathèque comprend une importante programmation des films sur lesquels a écrit Serge Daney comprenant autant d’obscures que de populaires : « Autopsies d’un meurtre », « Boy Meets Girl », « Contes de la lune vague après la pluie », « La Dolce Vita », « L’Enfance nue », « L’Etat des choses », « La Règle du jeu », « Trafic » (Tati), « Rio Bravo », « Travail au noir »… Soit quarante films et onze documentaires avec ou sur Serge Daney. Sans oublié une représentation (25 juin) de « La Loi du marcheur » de Nicolas Bouchaud, pièce consacrée à une analyse de la critique cinématographique. La totale.