Pluie d'hommages à Elie Wiesel, infatigable "combattant de la mémoire"

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/07/2016 à 16H24, publié le 03/07/2016 à 15H42
Elie Wiesel en 2006.

Elie Wiesel en 2006.

© BERTRAND LANGLOIS / AFP

Nombreuses ont été les réactions du monde politique et de la société civile en France et à l’étranger ce dimanche 3 juillet France à la disparition d’Elie Wiesel. L’écrivain rescapé de la Shoah et prix Nobel de la paix est décédé le 2 juillet à New York à l'âge de 87 ans.

Les témoignages se sont multipliés depuis hier soir, le 2 juillet pour saluer le grand témoin et combattant de la mémoire rescapé des camps de l’horreur. Pour rendre hommage également à son œuvre littéraire et à tout le travail d’Elie Wiesel pour la construction de l’Europe et de la paix.

Elie Wiesel le grand témoin, un « résistant à l’oubli »

"De cette expérience au bout de l'horreur qui l'a laissé orphelin, il a aidé à ouvrir les yeux du monde sur l'indicible blessure de l'extermination des  juifs d'Europe", a dit le chef de l'Etat François Hollande dès samedi soir au sujet d’Elie Wiesel, prix Nobel de la  paix et rescapé de la Shoah. « C'était un grand homme d'une extraordinaire humilité », a dit le philosophe Bernard Henri-Lévy sur Europe 1 : « Son livre La nuit a cela de singulier qu'il garde une fraîcheur noire. On sent à chaque ligne qu'il est arraché au silence. (...)  Wiesel avait passé dix ans à professer que ce dont il allait témoigner n'était pas dicible, et il a fini par trouver au fond de lui-même ces mots".

https://videos.francetv.fr/video/NI_751505@Culture


"Durant les années sombres de l'Holocauste, au cours desquelles ont péri six millions de nos frères et sœurs, Elie Wiesel était un rayon de lumière et un exemple d'humanité qui croit en la bonté de l'Homme", a souligné le premier ministre Benjamin Netanyahu à propos de celui qui a sillonné le monde pour perpétuer la mémoire de la Shoah. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) rappelle « qu’Elie Wiesel était une figure emblématique de la mémoire de la Shoah et de la souffrance des Juifs, un résistant à l'oubli et un militant de la mémoire. C'est un phare pour l'humanité qui disparaît". "Avec la plus grande tristesse et regret nous avons appris la mort du  professeur Elie Wiesel, ancien déporté au camp allemand nazi  d'Auschwitz-Birkenau", a écrit le ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski, soulignant qu'il fut "un des témoins les plus connus de  l'Holocauste", qui "s'est chargé de la difficile mission de perpétuer dans la  mémoire collective du monde la vérité sur l'Holocauste."

Un "prodigieux homme de lettres de langue française"

Cet "homme universel avait une relation particulière avec la France, où il fit ses études après la guerre, où il a publié la première édition de « La Nuit » grâce à Jérôme Lindon, où il avait créé en 1992 l'Académie Universelle des Cultures", a aussi souligné le chef de l'Etat français. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault : "L'humanité perd un grand témoin de l'holocauste, un infatigable combattant de la mémoire et un prodigieux homme de lettres de langue française." "Notre devoir est de faire vivre son message, qui lui avait valu le prix Nobel de la Paix, et les valeurs qu'il incarnait". 

Un "soldat de la paix" et de "la cause européenne"

La ministre de la Culture Audrey Azoulay rend hommage à un "soldat de la paix". Cet "homme au regard si doux, avait connu le pire de ce que l'humanité peut produire, mais avait fait de sa vie une victoire. Il avait gardé confiance en l'homme, défendu ses droits dans les tribunes internationales comme ses  livres".  Sur twitter, Christiane Taubira dit : "Elie Wiesel, ou la défaite de l'horreur absolue : un esprit lumineux invaincu, une conscience vigilante au monde". "Les gens qui comprennent les temps anciens et nouveaux, qui sont passés  par ces grandes tragédies, on en a d'autant plus besoin aujourd'hui pour construire l'unité européenne et la globalisation", a déclaré à Gdansk, le chef historique de « Solidarité » Lech Walesa, 72 ans, lui-même prix Nobel de la Paix. "Les gens comme lui sont ceux qui qui détiennent les preuves. Eux-mêmes sont des preuves et quand ces gens ne seront plus là, il nous sera d'autant  plus difficile de construire" l'unité européenne, a-t-il ajouté.