"La Septième Salle": des cinémas où le spectateur choisit le programme

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 14/09/2012 à 18H10
Cinéma : avec "La Septième salle", les spectateurs votent pour le film qu'ils veulent voir

Cinéma : avec "La Septième salle", les spectateurs votent pour le film qu'ils veulent voir

© La Septième Salle

Le principe est simple: une fois inscrit sur le site de la Septième Salle (1300 membres à ce jour), les spectateurs se voient proposer une sélection de films (issus pour la plupart du cinéma indépendant, du documentaire ou du répertoire classique) et votent pour celui qu'ils souhaiteraient voir.

Lassé de rater le meilleur du cinéma  indépendant faute de diffusion suffisante? Envie de revoir un classique du 7e art sur grand écran? La Septième Salle propose aux spectateurs de choisir eux-mêmes la programmation de leur cinéma, à mi-chemin entre la VOD et le ciné-club d'antan.

Expérimenté depuis juin dans une dizaine de cinémas du Nord-Pas-de-Calais, le dispositif de La Septième Salle s'est déjà étendu au Maine-et-Loire, à l'Aisne, et à deux salles parisiennes. En tout, vingt salles font actuellement partie du réseau, qui devrait  regrouper près de 80 salles d'ici fin 2012. "Nous visons 250 salles pour avril 2014", déclare Tom Dercourt, le créateur du concept.

 

Prolonger la durée de vie des films

Pour septembre, 17 films sont soumis aux suffrages, parmi lesquels  "Summertime" de Matthew Gordon, prix du jury au festival de Deauville 2011,  "Les enfants de la belle ville", premier film de l'Iranien Asghar Farhadi, acclamé depuis pour "Une séparation", ou encore "Lola" de Jacques Demy.

L'idée n'est pas de proposer la énième diffusion d'un mastodonte hollywoodien ou de la dernière comédie française, mais "plutôt d'aider les spectateurs à trouver les films qui n'ont pas pu venir jusqu'à eux" et de "redonner une nouvelle chance aux films", explique Tom Dercourt, par ailleurs producteur et distributeur de films.

Car du fait de l'augmentation continue du nombre de productions, la durée de vie des films en salle est de plus en plus limitée. "Certaines oeuvres de qualité n'ont plus le temps de trouver leur public. Ce que nous voulons, c'est  proposer des films inédits ou des séances de rattrapage, et ainsi redonner du temps au temps", ajoute Tom Dercourt.

Ciné-club 2.0 participatif et communautaire

"Ce n'est pas au marché de dicter la programmation, mais au désir du spectateur", juge-t-il. Le film qui recueille le plus de suffrages est diffusé lors d'une séance  spéciale, à tarif réduit, parfois suivie d'un débat. "Il s'agit d'une sorte de ciné-club 2.0 participatif et communautaire", indique Tom Dercourt. Car en plus de voter, les internautes sont invités à afficher leurs souhaits de programmation sur les réseaux sociaux, afin de créer une véritable communauté de mobilisation autour de certains films.

Au cinéma Le Majestic de Lille, c'est "Annalisa", film italien n'ayant bénéficié que de dix copies France, qui a récolté le plus d'adhésion pour la séance du 13 septembre.

Seuls six spectateurs se sont présentés à la séance, soumise à forte concurrence en raison d'un festival se déroulant au même moment. Néanmoins, tous plébiscitent le concept. "C'est une super idée, j'avais envie de voir ce film, mais je n'avais pas eu le temps au moment de sa sortie, ça va me permettre de me rattraper", se réjouit Patrick Beaudouin, cinéphile averti. Quant à Antoine Gilles, qui participe pour la troisième fois à la Septième Salle, il indique qu'il n'avait pas entendu parler du film avant. "J'ai lu le résumé sur le site, ça avait l'air bien, donc j'ai voté", indique-t-il.

Du côté de l'exploitant, l'expérience est également jugée positive. "En  moyennne, on a une trentaine de spectateurs par séance. C'est un bon début", estime Michel Vermoesen, directeur de deux salles de cinéma lilloises. C'est bien de rendre le cinéma plus proche du public. C'est un nouveau lien que l'on crée avec les spectateurs", se félicite-t-il.