La maison où Colette a passé son enfance ouvre ses portes au public

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/05/2016 à 15H59, publié le 20/05/2016 à 10H24
La maison d'enfance de Colette a été réhabilitée et ouvre ses portes au public

La maison d'enfance de Colette a été réhabilitée et ouvre ses portes au public

© Jeff Pachoud / AFP

"Paradis absolu" de Colette, sa maison natale de Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne) ouvre ses portes au public à partir du 25 mai, après une réhabilitation destinée à recréer fidèlement le décor qu'a connu l'écrivain dans sa jeunesse.

"En 1922, quand Colette écrit ‘La Maison de Claudine’, c'est celle-là. Elle devient un paradis absolu", raconte avec passion le président de la Société des amis de Colette, Frédéric Maget, en désignant la maison bourgeoise.

Reportage : T. Chauffour, J. Maurice, C. Portales

https://videos.francetv.fr/video/NI_718615@Culture


Au coeur du village, la maison de Colette, une bâtisse aux volets gris, avec son toit en ardoise, cache à l'arrière un jardin où domine une glycine bicentenaire monumentale. A l'intérieur, des plinthes en faux marbre et les papiers peints d'époque, refabriqués pour l'occasion, replongent dans l'ambiance de la fin du XIXe  siècle.
 
Le visiteur pénètre dans la chambre d'enfance de Colette, exigüe et sombre, puis déambule dans la bibliothèque où elle passait de longues heures avec son père, ou encore dans la chambre, vaste et lumineuse, qu'elle occupera ensuite, adolescente.

Reconstituée comme elle était à la fin du XIXe

"On s'est lancés dans le pari de reconstituer la maison telle qu'elle était entre 1873 et 1891 et d'être au plus juste", explique Frédéric Maget, en précisant que les différentes couches de peinture avaient été grattées au scalpel pour retrouver les couleurs d'origine. Cette reconstitution s'appuie aussi sur les  "milliers de pages" consacrées par la romancière à cette bâtisse au fil de ses oeuvres. Et "20%" du mobilier exposé a appartenu à la famille de l'écrivain, relève-t-il.
 
Depuis 1925, une plaque en marbre posée sur la façade rappelle qu'"ici Colette est née". C'était en 1873. Sidonie Gabrielle Colette vivra à Saint-Sauveur jusqu'en 1891. Sa famille, ruinée, vendra son mobilier aux  enchères avant de s'installer dans le Loiret, ce qu'elle vivra comme un "traumatisme".
 
En 1893, Colette épouse Henry Gauthier-Villars, dit Willy, et se lance "un peu par hasard", indique Frédéric Maget, dans l'écriture. "Pour recréer le paradis  qu'on lui a volé", estime-t-il.
 
"Claudine à l'école" paraît en 1900 sous le seul nom de Willy, comme les  trois volumes suivants de la série. Le public découvrira plus tard que l'auteur  principal est en réalité Colette, qui entamera également une carrière d'actrice  et de journaliste.

La maison avait perdu de son charme

En 1926, un soyeux lyonnais, Francis Ducharne, qui avait acheté la maison de Saint-Sauveur un an auparavant, en offre l'usufruit à Colette, qui y  séjournera épisodiquement. La propriété est finalement vendue fin 1950.
 
En 2010, la Société des amis de Colette entreprend de racheter la maison mais le coût du projet s'élève à 1,5 million d'euros. Outre les subventions publiques, de grands mécènes participent au financement, et l'association, pour collecter des fonds, organise le 9 novembre 2010 une soirée au Théâtre du  Châtelet à Paris, autour d'artistes comme Mathieu Amalric, Carole Bouquet, Leslie Caron, Ludmila Mikaël ou la chanteuse Juliette.
 
Selon l'architecte en chef des monuments historiques Pascal Brunet, "la maison avait été occupée par plusieurs propriétaires et avait subi des  modifications, elle avait beaucoup perdu de son charme et avait été mal entretenue".
 
L'objectif de l'association est d'accueillir près de 15.000 personnes par an pour faire découvrir l'écrin des premières années de l'auteur, qui a reçu des funérailles nationales en 1954, après sa mort dans son appartement  parisien du Palais-Royal.