Roberto Saviano usé par les menaces de la mafia

Par @Culturebox
Publié le 07/10/2013 à 17H08
Le journaliste et écrivain Roberto Saviano.

Le journaliste et écrivain Roberto Saviano.

© Alberto Estevez / EFE/MaxPPP

Le journaliste-écrivain Roberto Saviano, originaire de Naples, a raconté lundi sa vie quotidienne sous la menace de la mafia locale, la Camorra. Visiblement usé de vivre constamment sous protection policière, il a estimé que sa seule chance de vivre normalement serait probablement de résider à l'étranger.

Saviano aspire à une nouvelle vie
Roberto Saviano s'est rendu célèbre en 2006 avec "Gomorra" ("Gomorra, dans l'empire de la camorra", selon le titre français), son premier roman qui décrit les milieux mafieux de Naples et de la Campanie et qui a été à l'origine du film du même nom, diffusé dimanche soir sur La Chaîne Parlementaire.

Il comparaît actuellement en tant que témoin et partie civile dans un procès contre deux chefs de la mafia napolitaine, accusés de l'avoir menacé.
   
"J'imagine que ma vie ne pourrait être libre qu'à l'étranger, dans un pays qui pourrait me donner une autre identité, ce qui me permettrait de recommencer à zéro une nouvelle vie", a-t-il dit devant le tribunal de Naples (sud), où il est arrivé accompagné par des policiers.
La bande annonce de "Gomorra" tiré du livre de Saviano.
Pas libre de ses mouvements
"J'ai le sentiment d'être un survivant après une bataille. Les rapports avec ma famille sont devenus très compliqués. L'augmentation de mon escorte rend la vie quotidienne difficile. Je ne peux pas me promener, ni prendre le train ou le métro, je ne peux pas choisir un restaurant sans l'accord de l'escorte", a-t-il ajouté.
   
En raison de son immense succès en Italie et à l'étranger (le livre a été traduit dans 53 pays), Saviano vit depuis cette période sous protection policière permanente, changeant régulièrement les lieux où il séjourne.
   
Il a écrit en avril 2013 un nouveau roman, "Zéro zéro zéro", dévoilant les secrets du narco-capitalisme, un marché qui se fonde sur le trafic de cocaïne, le seul bien qui, selon Saviano, échappe aux règles du marché, de la finance et de la loi.