Picasso, Apollinaire, Brel, Valls, ces "étrangers qui ont fait la France"

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/10/2013 à 14H53, publié le 04/10/2013 à 14H21
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls le 2 octobre 2013 au Musée de l'Immigration à Paris lors de la présentation du "Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France" par les éditions Robert Laffont

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls le 2 octobre 2013 au Musée de l'Immigration à Paris lors de la présentation du "Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France" par les éditions Robert Laffont

© Vincent Isore - IP3 PRESS/MAXPPP

Présenté mercredi soir au Musée de l’Immigration à Paris en présence de Manuel Valls, le "Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France" est dans les librairies depuis le 3 octobre. Sport, économie, arts ou politique, l’ouvrage, rédigé sous la direction de Pascal Ory, dresse le portrait de 1112 personnalités nées sous statut étranger. L’historien était l'invité jeudi du Grand Soir 3

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En plein débat sur l'identité nationale et l’immigration, ce « Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France » nous rappelle à quel point notre pays a été, et continue d’être nourri par l’immigration.
 
Rédigé sous la direction de l'historien Pascal Ory, l'ouvrage recense 1.112 personnalités "étrangères" qui se sont illustrées dans des domaines aussi variés que les arts (Pablo Picasso, Frédéric Chopin), l'entreprise (Marcel Bich, le père des stylos Bic, ou le PDG de Renault, Carlos Goshn), le sport (où l'on trouve notamment le premier vainqueur du Tour de France Maurice Garin et le footballeur Basile Boli) et la politique, d'où la présence pour cette présentation du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, né Espagnol et naturalisé Français en 1982.
 
Aux notices individuelles -où l'on trouve également les noms de Nikola Karabatic, Guillaume Apollinaire, Henri Bergson ou Manuel Valls- viennent s'ajouter vingt-deux notices collectives et cinquante-deux communautaires, qui mentionnent une foule d'anonymes et éclairent le rôle des ingénieurs britanniques au début de l'industrialisation, celui des manouches dans la diffusion du cinématographe, ou des dockers sénégalais à Marseille après la seconde guerre mondiale.
 
"La langue et la culture française" préférées à "la notion de territoire"
 
Pour distinguer les étrangers, le maître d'œuvre et la soixantaine de contributeurs ont opté pour un critère juridique : être né sous statut étranger. "Il fallait de la rigueur, sinon on aurait pu entrer dans des logiques racistes", a expliqué à l'AFP Pascal Ory.
 
Les Belges et les Suisses francophones, comme Hergé, Jacques Brel ou Annie Cordy, figurent dans le dictionnaire "même si ça peut paraître absurde d'intégrer des gens tellement proches culturellement". A l'inverse, les bi-nationaux (Marguerite Yourcenar), les descendants d'immigrés (Zinedine Zidane) ou les natifs d'anciennes colonies (Léopold Sédar Senghor) ont été écartés.
 
Les auteurs ont également dû répondre à la question : "Qu'est-ce que faire la France ?" "On a plutôt privilégié le choix de la langue et de la culture française à la notion de territoire", a expliqué le professeur histoire à la Sorbonne. Ce qui a conduit à intégrer Casanova parce qu'il a rédigé son oeuvre en français.
 
Deux constats ressortent de cette galerie de portraits. D'une part, "la France a été et reste un pays très attractif pour des raisons économiques, mais aussi parce qu'elle offre un refuge en termes de liberté, souligne Pascal Ory. Elle attire aussi les artistes parce qu'elle passe pour un pays accordant une grande importance à la culture". Et selon lui, "le mouvement d'immigration se poursuivra malgré la multiplication des barrières". D'autre part, "si la plupart des étrangers ont été mal accueillis, à l'échelle historique, c'est l'intégration qui l'emporte."
Dictionnaire des étrangers qui...

© Editions Robert Laffont