"Mon frère le Che" : Ernesto Guevara raconté par son frère

Par @Culturebox
Mis à jour le 14/04/2016 à 12H05, publié le 14/04/2016 à 11H41
Che Guevara en 1962.

Che Guevara en 1962.

© Mary Evans / Sipa

Il est LE visage de la révolution. Che Guevara est aujourd’hui un mythe. Mais derrière la légende il y a un homme que Juan Martin Guevara, son frère, a voulu ressusciter à travers un livre de souvenirs. "Mon frère le Che" (Calmann-Lévy) co-écrit avec la journaliste Armelle Vincent lève le voile sur l’un des plus grands héros du XXe siècle.

Reportage : S.Guibout / A.Berthiau / J.Le Roux

https://videos.francetv.fr/video/NI_678715@Culture

Son visage photographié en 1960 par Alberto Korda orne des t-shirts, des mugs, des sacs… Un merchandising effréné bien loin de la personnalité intense et sans concession de Che Guevara. C’est sans doute ce qui a poussé Juan Martin Guevara à briser l’accord tacite passé il y a des années entre les quatre frères et sœurs du Che qui s’étaient engagés à ne pas parler de leur illustre parent. "Que mon frère soit devenu cet homme, un tel personnage, un tel mythe, comment cela a pu devenir possible ? En parlant de notre famille, en racontant d'où il vient j'ai voulu permettre aux gens de comprendre comment tout cela a pu être possible"

Les racines 

Car derrière ce frère, ce héros qui fut une idole pour Juan Martin il y a avant tout un homme. De 15 ans son ainé, Ernesto a grandi en Argentine dans une famille d’intellectuels de gauche un peu fauchés. Des originaux qui ont appris à leurs enfants à penser par eux-mêmes. Au début des années 50, alors étudiant en médecine, le futur Che décide de partir à la découverte du monde au guidon de sa Norton. Ce sera le Guatemala puis Cuba où il rejoint le Mouvement du 26 juillet aux côtés de Fidel Castro. Voilà pour l’histoire officielle. Dans l’intimité, Ernesto Guevara est un garçon brillant, cultivé et espiègle. Il apprend à son petit frère des poèmes grivois tout en aiguisant son sens de la politique.

Mon frère le Che © Calman-lévy

L'héritage

Après la mort en 1967 de son ainé exécuté en Bolivie, Juan Martin Guevara devient syndicaliste. Son engagement en pleine dictature argentine lui vaudra 8 ans de prison. Bon sang ne saurait mentir. Aujourd’hui , alors qu’on célèbrera l’an prochain les 50 ans de la mort du Che, le septuagénaire a ressenti le besoin de montrer le chemin aux jeunes générations, comme son frère avant lui l’avait fait : "Je veux le faire descendre de son piédestal, cela permettra de mieux comprendre l'homme mais aussi sa pensée car il est nécessaire aujourd'hui de voir apparaitre de nouveaux Che, hommes ou femmes."

"Mon frère le Che" de Juan Martin Guevara et Armelle Vincent est paru le 13 avril 2016 chez Calmann-Lévy. 348 pages, 20 euros.