"Même les légumes ont un sexe" de Nathalie Helal : "Manger et faire l'amour c'est intimement lié"

Par @Culturebox
Mis à jour le 24/04/2018 à 19H15, publié le 24/04/2018 à 13H33
"Même les légumes ont un sexe", un livre de Nathalie Helal aux éditions Solar

"Même les légumes ont un sexe", un livre de Nathalie Helal aux éditions Solar

© France 3 / Culturebox

Nathalie Helal, journaliste gastronomique, est l'invitée du Grand Soir 3 pour un ouvrage étonnant : "Même les légumes ont un sexe", aux éditions Solar. A travers des anecdotes truculentes, elle livre une étude audacieuse sur ces deux obsessions que sont la nourriture et le sexe.

Et si le sexe et la nourriture n'avaient cessé d'être les mamelles de notre société de consommation ? Dans son dernier livre, la journaliste Nathalie Helal explore ce lien intime de l'Antiquité à nos jours.

Oblongue ou charnue : la face cachée des végétaux

Et son constat est formel : même les légumes ont un sexe, d'où le titre du livre, sans équivoque. Invitée sur le plateau du Grand Soir 3, cette passionnée de gastronomie détaille tous ces petits éléments qui ramènent l'homme et la femme à des pulsions vitales. "Manger et faire l'amour, on en a besoin avant même de réfléchir !" déclare-t-elle. 

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Carotte, courgette, concombre ou asperge... Si tous ces légumes aux formes évocatrices ont été interdits dans certains couvents, la pêche en forme de fesses est, elle aussi, un fruit qui a inspiré le sentiment amoureux. "Le grand chef Auguste Escoffier crée la célèbre Pêche Melba car il était amoureux de la cantatrice Nelly Melba", raconte Nathalie Helal.

Quand l'amour crée des merveilles

Le livre de Nathalie Helal est un régal de petites anecdotes à travers le monde et à travers les âges. Elle raconte notamment comment sont nés les "Pasteis de Nata". Célèbre petit flan portugais, il est le résultat d'une émulation culinaire qui mettait en compétition plusieurs couvents situés dans la région de Lisbonne au XVIIIe siècle.
Pasteis de Nata © Wikimedia Commons
Loin de l'ennui que l'on pourrait imaginer, les religieuses sont à l'époque parées de bijoux et de costumes et mènent une vie débridée. Et quand elles ne font pas la fête ou ne sont occupées à des rencontres galantes, elles cuisinent avec les ingrédients dont elles disposent. A savoir des œufs et du lait. Ainsi naissent les "Pasteis", les "Ovo moles", les "Quejidas", ou encore "Les Barrigas de freira" (ventres de nonnes). La fête s'interrompt au milieu du XVIIIe siècle sous l'injonction du Marquis de Pombal qui ordonne de fermer tous ces couvents devenus "bordels de luxe". Mais les carnets des nonnes ont échappé à l'épuration et les recettes poursuivent le ravissement des papilles. 

Manger et faire l'amour : deux "traditions" bien françaises

Nathalie Helal souligne que ces deux pulsions sont intimement liées à notre culture. "Les Français et les Italiens sont sans doute les seuls à aimer autant faire la cuisine, manger et ensuite faire l'amour". 

Nathalie Helal fait aussi le rapprochement avec des éléments de langage entre les amoureux. "Je vais te croquer, tu es mon petit chou", cela s'apparente presque à du cannibalisme : "On a envie de manger l'autre quand on l'aime", conclut-elle. Son ouvrage explore aussi les liens étroits entre gastronomie et érotisme. Des aphrodisiaques au foodporn, et #balancetonporc, elle dresse la grande fresque de l’idylle entre gastronomie et érotisme.

"Même les légumes ont un sexe" -* Nathalie Helal - Editions Solar, 200 pages, 18.90€