L'encart imposé sur le livre de Marcela Iacub cause des retards en librairie

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/02/2013 à 17H49, publié le 26/02/2013 à 21H31
Dominique Strauss-Kahn quitte le Palais de justice de Paris après l'audience en référé contre le livre de Marcela Iacub "Belle et bête" (26 février 2013)

Dominique Strauss-Kahn quitte le Palais de justice de Paris après l'audience en référé contre le livre de Marcela Iacub "Belle et bête" (26 février 2013)

© Kenzo Tribouillard / AFP

La justice a ordonné mardi l'insertion d'un encart dans chaque exemplaire du livre de Marcela Iacub sur sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn "avant toute diffusion". Alors que la sortie de "Belle et Bête" (Stock) était initialement prévue ce mercredi, les libraires ne cachent pas leurs difficultés à appliquer la consigne. L'ex-patron du FMI avait assigné l'auteur et son éditeur en référé.

Ce mercredi, les libraires s'adaptaient tant bien que mal à la décision de justice qui a ordonné la veille l'insertion d'un encart dans le livre "Belle et Bête". Certaines enseignes (comme des magasins Fnac) et librairies qui n'ont pas reçu l'imprimé de l'encart judiciaire n'ont pas encore pu mettre l'ouvrage en vente. Des vendeurs et libraires ont confié à l'AFP ne pas savoir quand la précieuse étiquette leur serait livrée.

L'ouvrage a été tiré initialement à 18.000 exemplaires et une première réimpression de 15.000 exemplaires a déjà eu lieu, a également précisé la maison d'édition.

Reportage dans une librairie et réaction de Laurent Joffrin, directeur du Nouvel Observateur : : S.Rodier, B.Six 

https://videos.francetv.fr/video/NI_144195@Culture

Une étiquette spéciale sur chaque exemplaire
L'éditeur de "Belle et bête", Stock, doit insérer dans le livre un encart faisant état de sa condamnation pour atteinte à l'intimité de la vie privée. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a également ordonné au Nouvel Observateur, qui avait publié jeudi des bonnes feuilles de cet ouvrage, de publier sur la moitié de sa prochaine "une" la mention de cette condamnation. La demande d'interdiction de diffusion du livre, demandée à titre subsidiaire par les avocats de DSK, a en revanche été rejetée.

"C'est évidemment une excellente décision pour Dominique Strauss-Kahn, et bien au-delà pour les principes, pour le respect de la vie privée, pour certains grands principes qui fondent notre démocratie parce qu'on ne peut pas aller toujours plus loin dans le trash sous prétexte d'appeler ça littérature et journalisme", a déclaré Me Richard Malka, avocat de DSK, à iTélé.

DSK avait réclamé l’insertion d’un encart dans chacun des exemplaires de "Belle et bête", ainsi qu'"à titre subsidiaire" une interdiction de diffusion du livre à paraître mercredi.

L'écrivaine, l'éditeur et le "Nouvel Observateur" condamnés
Marcela Iacub et les éditions Stock sont en outre condamnés à verser solidairement 50.000 euros de dommages et intérêts à DSK, tandis que l'hebdomadaire devra, lui, verser 25.000 euros de dommages et intérêts.

La condamnation du Nouvel Observateur est une décision "extravagante et injuste", a estimé de son côté Laurent Joffrin, directeur de l'hebdomadaire, interrogé par l'AFP. "C'est injuste eu égard à la presse, car nous avons publié les bonnes feuilles d'un livre qui n'est pas interdit." Quant à l'éditeur Stock, il a fait savoir mercredi qu'il ne fera pas appel de sa condamnation.

DSK avait assigné Marcela Iacub et Stock en référé
L’ex-patron du FMI avait assigné en référé Marcela Iacub et son éditeur, Stock, devant le tribunal de grande instance de Paris pour "atteinte à l'intimité de la vie privée". "Belle et Bête" raconte la liaison de l’auteur avec Dominique Strauss-Kahn entre janvier et août 2012. Si l'ancien ministre n'y est jamais nommément désigné, l'auteur confirme dans un entretien au "Nouvel Observateur" qu'il s'agit bien de lui, tout en précisant que l'ouvrage contient des éléments de fiction.

DSK dénonce un livre "méprisable et mensonger"
DSK a dénoncé à l’audience, mardi matin, un livre "méprisable et mensonger", un texte écrit "en faisant fi de la dévastation de ma vie privée, de ma vie familiale, de la psychologie de mes enfants". Dans la quiétude solennelle de la salle d'audience, tranchant avec l'agitation qui avait accompagné son arrivée, DSK s'est dit "horrifié" par le procédé "malhonnête" utilisé, qui n'a "d'autre objet que mercantile". Il a demandé à la justice de mettre un "coup d'arrêt" aux pratiques d'éditeurs, de journalistes "prêts à n'importe quoi pour faire de l'argent".

Pour les défenseurs de DSK, "on ne peut pas aller plus loin dans la violation de la vie privée que là où va ce livre", a résumé Me Richard Malka.